Un litre d’essence ou de gazole à plus de deux euros, un baril de pétrole qui ne cesse de faire le yoyo, sous ou au-dessus des 100 dollars et un conflit en Iran qui pourrait durer… certains automobilistes français prennent des décisions radicales. En tout cas, s’ils hésitaient avant, les événements des dernières semaines ont fini de les convaincre. C’est ce qu’explique à BFMTV un concessionnaire situé dans les Alpes-Maritimes. Rien que la semaine dernière, il a vendu les quatre voitures électriques qu’il avait sur son catalogue.

Quatre citadines dont les prix oscillaient autour de 16 000 euros, indique-t-il. «Ça a fait un déclic chez les clients que j’ai reçus», confirme-t-il. Alors, il a décidé de reconstituer son stock. «L’objectif, c’est que la semaine prochaine (je puisse) reproposer des voitures tout de suite disponibles», indique-t-il. Egalement interrogé par nos confrères, un automobiliste qui effectuait une recharge à une station avoue qu’il a acheté sa voiture tout juste deux semaines avant le conflit. «Je suis ravi comme tout, j’ai eu pas mal de chance et je ne suis pas du tout impacté par l’augmentation des carburants», se félicite-t-il.

Plus de 200 euros d’économies par mois

Est-ce une réaction spontanée à la situation actuelle ou davantage une tendance de fond ? Tout dépend de l’évolution du conflit, mais pour certains Français, la voiture s’avère indispensable. Interrogé par BFM, le président de Mobileese, cabinet de conseil et bureau d’études en mobilité électrique, rappelle qu’en l’état actuel, avec un litre à deux euros, un ménage rural qui parcourt 500 kilomètres par semaine (consommation de 6 lires au 100 km) doit débourser 240 euros par mois.

«A 120 dollars le baril, un ménage rural qui roule au thermique peut perdre l’équivalent d’un treizième mois à l’année simplement pour se déplacer», ajoute François Gatineau. Alors, certes, le baril est redescendu après avoir dépassé les 120 euros, mais il est de nouveau au-dessus des 100 dollars ce jeudi 12 mars. Pour aller au bout de sa comparaison, il remarque que pour le même parcours et le même ménage, une recharge électrique coûte 48 euros par mois, si l’on considère qu’il recharge chez lui en heures creuses. Soit 200 euros d’économies par mois.

La solution du covoiturage

Si la recharge ne se fait pas toujours à domicile ni en heures creuses, le spécialiste Ze-Watt considère plutôt qu’il faut compter entre trois et quatre euros pour 100 kilomètres. C’est donc toujours moins cher que les 12 euros d’une voiture thermique. Idem pour une recharge publique, évaluée en moyenne entre sept et dix euros les 100 kilomètres. Mais le coût à l’achat du véhicule est aussi plus important. Résultat, depuis une semaine, le covoiturage a le vent en poupe, souligne BFM, avec par exemple deux fois plus d’inscrits ces sept derniers jours sur Blablacar. Une solution utile notamment pour aller au travail…