
L’affaire des airbags Takata tueurs rebondit brutalement en France. Une information judiciaire a été ouverte le 16 avril dernier a confirmé ce vendredi le parquet de Paris, sollicité par l’AFP. Une étape-clé dans l’un des plus grands scandales de l’industrie automobile mondiale. La Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, compétente pour les affaires économiques complexes, a été saisie. Elle va désormais centraliser les enquêtes liées à trois décès récents, tous liés à l’explosion d’airbags Takata embarqués dans des Citroën C3.
Le premier est survenu le 28 décembre 2021, en Martinique, lorsqu’un homme de 67 ans a trouvé la mort après l’explosion d’un airbag dans sa voiture. Le deuxième drame, un homme de 51 ans est décédé dans des circonstances similaires à Galan (Hautes-Pyrénées) le 18 novembre 2023 et le dernier, s’est passé tout récemment, le 11 juin 2025, à Reims, quand une conductrice de 36 ans a perdu la vie après un choc violent dû à l’activation du même système de sécurité défectueux. «A ce stade, les enquêtes sur trois accidents mortels ont fait l'objet de dessaisissements au profit du parquet de la JIRS de Paris, qui à la réception formelle des procédures pourra saisir supplétivement les juges d'instruction», a précisé le parquet.
Le parquet de Tarbes, Fort-de-France et Reims s’est dessaisi au profit de la JIRS, chargée désormais d’une enquête judiciaire tentaculaire. Le ministère public insiste que l'information judiciaire a été ouverte pour «pratiques commerciales trompeuses, tromperie aggravée, non-information des acquéreurs d'un produit de sa non-conformité portant sur une qualité substantielle, mise en danger de la vie d'autrui».
Stellantis, le plus englué dans ce scandale des airbags Takata dangereux
Depuis 2014, le scandale industriel de ces airbags défectueux secoue le secteur de l'automobile dans le monde, imposant à plusieurs constructeurs automobiles comme le groupe Stellantis, - le plus englué dans ce scandale - à immobiliser des centaines de milliers de véhicules à travers le monde, afin de remplacer ces équipements de sécurité. Rappelons que la cause de tout ce marasme provient d’un gaz propulseur instable utilisé dans le système de gonflage de l’airbag, qui se dégrade au fil du temps et qui est susceptible d’exploser sous certaines conditions climatiques (la chaleur et l’humidité). Résultat : des fragments de métal peuvent être projetés dans l’habitacle à grande vitesse, avec un risque de blessures graves voire mortelles pour les conducteurs et les passagers avant.
L’affaire a pris une autre dimension après plusieurs plaintes déposées par l’UFC-Que Choisir et des propriétaires de véhicules auprès du parquet de Versailles dans le cadre d’une action collective. Elles visaient notamment Stellantis, accusé d’avoir commercialisé des voitures équipées d’airbags à risque sans informer les consommateurs. En France, 18 morts et 25 blessés sont officiellement recensés, dont une large majorité en Outre-mer (16 décès et 24 blessés).
Avec cette information judiciaire, la justice française passe à l’offensive. L’objectif : établir les responsabilités dans la commercialisation de composants potentiellement mortels, identifier les failles du système de contrôle qualité et, le cas échéant, prononcer des poursuites pénales contre les responsables.
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