«On trouve ça complètement aberrant». À compter du vendredi 15 mai, le cannabidiol, plus communément appelé CBD, à usage alimentaire (huiles, tisanes, bonbons), sera formellement interdit. En effet, la Direction générale de l'alimentation a décidé d'appliquer la règlementation européenne en la matière. Une décision pas vraiment du goût de la filière, à commencer par Paul Maclean, représentant de l'Union des professionnels du CBD. «Cette position que prend la DGAL tue une filière agricole (et) risque de tuer plus de 2 000 boutiques spécialisées qui se trouvent en centre-ville», explique-t-il à l’AFP.

Si le CBD à fumer ou sous forme de liquide pour cigarettes électroniques reste autorisé, Paul Maclean regrette qu’on ne puisse plus le prendre sous forme alimentaire. «Ce qui n’a absolument aucun sens», déplore-t-il. En vertu du règlement européen «Novel Food», en vigueur depuis 1997 et auquel doit se soumettre tout aliment qui n'est pas traditionnellement consommé au sein de l'UE, les nouveaux produits doivent faire l’objet d’une autorisation. Sauf que les produits alimentaires contenant du CBD n'en ont visiblement pas encore obtenu.

Des professionnels en danger

Après que la Direction générale de l’alimentation a annoncé qu'il «n'y aurait plus aucune tolérance pour les produits alimentaires qui contiennent du CBD, à partir du 15 mai», la Confédération paysanne a dénoncé «une menace directe sur la filière». «Des centaines de producteur·rices, de paysan·nes, de fermes diversifiées, de circuits de commercialisation en cours d'installation et de projets en circuits courts se retrouvent aujourd'hui en danger», assure le troisième syndicat agricole très mobilisé pour les producteurs de chanvre, plante dont est issu le CBD. Le ministère de l’Agriculture a confié à l’AFP qu’elle communiquerait à ce sujet dans les prochains jours.