Croquer dans un carré de chocolat, cela peut paraître inoffensif et pourtant ! Au-delà du sucre que peut contenir le chocolat, ce produit concentre de fort taux de cadmium, un métal lourd dangereux pour la santé et classé depuis plus de 10 comme cancérogène. Selon une étude menée par l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir sur 41 références «les produits chocolatés (tablettes, biscuits, céréales, chocolat en poudre) peuvent en contenir des doses très importantes».

En effet, manger en une seule journée deux biscuits fourrés au chocolat, un bol de céréales au chocolat et une tasse de chocolat chaud apporte à un enfant de 10 ans «près de la moitié de la dose maximale quotidienne de cadmium» à partir de laquelle un risque sanitaire est possible, selon l'association. Couplé à d’autres sources potentielles de cadmium comme les féculents, l’enfant peut rapidement dépasser le seuil de risque quotidien fixé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail).

Le chocolat bio encore plus riche en cadmium

Le cadmium est naturellement présent dans les sols, à des taux qui diffèrent selon les régions et le type d’agriculture. L’utilisation d'engrais phosphatés riches en cadmium augmente la concentration de cette substance dans les sols qui se retrouvent ensuite dans les végétaux. La fève de cacao a tendance «à particulièrement concentrer ce toxique», ce qui explique les teneurs importantes en cadmium du chocolat.

Par ailleurs, aussi surprenant que cela puisse paraître, les taux de concentration en cadmium bondissent lorsqu’il s’agit de chocolat bio ou éthique. Les fèves de cacao issues de ce type d’agriculture proviennent plutôt d'Amérique du Sud, une zone où la teneur en cadmium des sols est naturellement plus élevée qu'ailleurs, notamment en Afrique où est cultivée l’autre partie de la production.

Alors, faut-il arrêter d’acheter du chocolat issu de l’agriculture biologique ? Ces labels présentent des garanties «en termes de préservation de l’environnement, mais aussi des travailleurs agricoles et des populations locales» rappelle UFC-Que choisir. L’association recommande plutôt de limiter sa consommation de chocolat afin d’éviter d’ingérer trop de cadmium

Le cadmium, un métal lourd classé cancérogène

Début juin, les Unions régionales des professionnels de santé-médecins Libéraux (URPS) et leurs structures nationales ont partagé leur «grande inquiétude devant la contamination des Français au cadmium» dans un courrier adressé au Premier ministre ainsi qu’aux ministres de la Santé et de l’Agriculture.

Selon l’Anses, 0,6% des adultes ingèrent quotidiennement davantage de cadmium que la dose maximale tolérable par jour. Chez les plus jeunes, les taux sont davantage inquiétants : c’est le cas de 14% des enfants de 3 à 17 ans, pire, chez 36% des enfants de moins de 3 ans, les taux d’ingestion quotidiens dépassent la limite recommandée.

On trouve du cadmium dans les céréales du petit déjeuner, le pain, les pommes de terre, les pâtes, le riz, certains légumes verts à feuilles comme les épinards ou encore dans les poissons et les produits de la mer. Il s’agit d’un «toxique cumulatif», explique Santé publique France, «dont le risque d’apparition d’effets délétères est lié à la dose cumulée dans le temps». Le cadmium a été classé cancérogène par le Circ en 2012. Il a également été classé mutagène sur les cellules et toxique pour la reproduction. Le métal lourd peut générer des atteintes rénales, une fragilité osseuse ainsi que des effets sur les poumons en cas d’exposition prolongée.