Un retournement de situation inattendu. La question de l’utilisation des titres-restaurant n’a cessé de faire débat ces derniers mois. Alors que l’Assemblée nationale avait voté la prolongation de leur utilisation pour les courses alimentaires au supermarché, tout a été remis en question après la chute du gouvernement de Michel Barnier. Ainsi, à partir du 1er janvier 2025, les consommateurs ne pourront plus régler des produits comme des pâtes, du riz ou de la farine. Une nouvelle qui ravit les restaurateurs.

«C’est une très bonne nouvelle pour les restaurateurs et les métiers de bouche que nous représentons (boulangers, charcutiers…) qui, chaque année, perdent plus de 500 millions d’euros de recettes en titres-restaurant du fait de cette dérogation», affirment neuf syndicats de restaurateurs et de commerçants dans un courrier que Ouest-France a pu consulter. Mais ces derniers s’inquiètent de l’éventuelle volonté de la grande distribution de contourner la loi et demandent à la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) d’opérer des contrôles.

Un chantier important pour le nouveau ministre de l’Économie

«Il est évident que nous ne pouvons pas accepter que certaines enseignes de la GMS puissent ainsi à compter du 1er janvier prochain s’affranchir des règles qui encadrent l’usage des titres-restaurant», énoncent-ils. Les représentants lui demandent «d’intervenir dans le cadre de la mission de contrôle et de sanction», ajoutant qu’ils informeront Éric Lombard, nouveau ministre de l’Économie, «pour que soient prises les dispositions utiles et nécessaires au respect de la loi».

Si les discussions au sujet d’une réforme du dispositif des titres-restaurant vont reprendre, les professionnels de la restauration et la grande distribution continuent de défendre leur position coûte que coûte. La Commission nationale des titres-restaurant propose ainsi une mise en place de plafonds différents, selon l’usage des titres, mais en gardant un plafond journalier maximal à 25 euros pour ne pas faire du titre-restaurant un salaire déguisé.