L’utilisation des titres-restaurants dans les supermarchés n’en finit pas de faire couler de l’encre. Et c’est dernièrement le cas de l’enseigne Hema qui a mis le feu aux poudres. L’enseigne, qui distribue des produits de décoration ou d’ameublement pour la maison, a en effet reçu l’agrément pour que ses clients puissent utiliser des titres-restaurants pour payer certains de leurs achats. En effet, comme le rapporte BFMTV, outre de la décoration, Hema propose à la vente quelques snacks ou friandises qui sont désormais éligibles à ce paiement autrefois exclusivement réservé aux restaurants.

Une décision qui a suscité l’ire de l’Umih, la première organisation patronale de l’hôtellerie-restauration. «Il suffira à une chaîne de magasins de sport de commercialiser des barres énergétiques et des bouteilles d’eau et à des magasins de prêt-à-porter, quelques snacks et friandises pour être éligibles au dispositif titres-restaurants», a-t-elle fustigé. Le clou a par la suite été enfoncé par Thierry Marx, le chef doublement étoilé au Guide Michelin et président de l’Umih, qui a estimé en conférence de presse que l’utilisation des titres-restaurants dans la grande distribution fait perdre chaque année 900 millions d’euros à la restauration.

Thierry Marx dénonce un «non-sens»

«Les tickets restaurants continuent d’être utilisables dans des chaînes de magasins, qui vendent notamment des produits industriels tels que des gâteaux et des bonbons. Pour les restaurateurs, c’est un non-sens», a encore dénoncé le chef étoilé. Quant au président de la branche restauration, Franck Chaumès continue de plaider pour que ces titres soient directement orientés vers le restaurant «et non vers la grande distribution».

Rendue possible depuis la crise du Covid-19, l’utilisation des titres-restaurants dans la grande distribution n’a depuis jamais été modifiée et ne cesse de crisper le secteur de la restauration. Alors que le gouvernement entend bien pérenniser cet usage pour payer les courses alimentaires, qui court jusqu’à la fin de l’année 2026, grâce à une réforme qui devrait être discutée au Parlement, un autre point de crispation subsiste toujours. En effet, dans la grande distribution, certains produits comme les sandwichs ou plats à emporter bénéficient d’une TVA à 5,5% quand dans les restaurants, celle-ci grimpe à 10%. Ainsi, l’Umih souhaiterait qu’un distinguo soit fait entre restauration et alimentation en créant un titre uniquement dédié aux achats alimentaires qui coexisterait avec celui des titres-restaurants exclusivement réservés aux restaurants.