C’est une pratique qui tend à se développer dans plusieurs établissements parisiens. Pourtant, celle-ci est loin d’être honnête. Comme le révèle Le Parisien, dans des restaurants situés dans des zones prisées des touristes, les visiteurs étrangers ne sont pas logés à la même enseigne et le tarif qui leur est appliqué pour une même commande est bien différent de celui d’un touriste français.

Afin de prouver leur hypothèse, un journaliste et le blogueur Rabin Malin - connu pour traquer les économies et les entourloupes du quotidien - se sont grimés en parfaits touristes, l’un américain, l’autre français. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat est sans appel avec une addition bien plus salée pour l’un par rapport à l’autre.

Obligation de pourboire et service non inclus dans certains restaurants pour les touristes

Tous deux rentrés à quelques minutes d’intervalle dans un établissement, les deux infiltrés ont commandé la même chose, à savoir, un plat de lasagnes, de l’eau et du Coca-Cola. Tandis que le touriste français s’est vu apporter une canette de soda 33 cl à 6,50 euros et une carafe d’eau gratuite, le faux Américain vêtu d’un tee-shirt Tour Eiffel et d'un chapeau de paille sur la tête, lui, n’a pas eu droit au même traitement. Si les plats servis sont bien identiques, les méthodes utilisées pour faire grimper l’addition sont savamment bien rodées. Ainsi, au lieu d’une carafe, une bouteille d’eau facturée 6 euros lui a été donnée, quand pour le Coca-Cola, ce dernier s’est vu proposer la taille «médium» ou «large». Si le cobaye américain a bien choisi la plus petite taille, c’est finalement une pinte de la boisson préférée de Donald Trump qui lui a été apportée pour 9,50 euros. Résultat, pour un même repas, l’addition diffère de 9,50 euros.

Pourtant, ce type de traitement différencié ne s’arrête pas là puisqu’il concerne également le service et la pratique du pourboire. Alors qu’aux États-Unis le service n’est pas compris dans l’addition, en France «le service, l’eau et le couvert sont inclus dans les prix affichés», a tenu à rappeler Franck Trouet, délégué général du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR). Ce dernier, face aux images d’un serveur expliquant au faux touriste américain que le service n’était pas inclus pour le forcer à laisser un pourboire, n’a d’ailleurs pas caché son indignation. «C’est une honte pour la profession. Ce sont des personnes que je ne peux pas appeler des serveurs», explique-t-il. «Le pourboire, ce n’est pas obligatoire. Il est impensable de forcer la main à des clients pour qu’ils laissent des pourboires», qu’il estime être octroyé par le client qui souhaite remercier pour un service bien effectué, conclut-il.