
Coup de théâtre à la Banque de France. Dans une lettre adressée ce lundi 9 février aux agents de l’institution, François Villeroy de Galhau a annoncé qu’il quitterait ses fonctions début juin, rapportent Les Echos. Gouverneur depuis septembre 2015, il mettra ainsi un terme anticipé à son second mandat, près d’un an avant son échéance. Ces dernières semaines, des rumeurs circulaient déjà au sein de la Banque de France sur un possible départ prématuré de l’hôtel de Toulouse.
D’après nos confrères, le gouverneur en avait informé le président de la République le 29 janvier, puis le ministre de l’Economie Roland Lescure le lendemain. Agé bientôt de 67 ans, François Villeroy de Galhau explique ce choix par son souhait de prendre la présidence de la Fondation Apprentis d’Auteuil. Cet acteur majeur de l’aide sociale à l’enfance et de la formation des jeunes en difficulté compte 8 000 salariés et accompagne près de 40 000 jeunes dans 430 établissements. Catholique pratiquant, il voit dans cette mission une manière de «continuer à servir l’intérêt général».
La course à la succession est lancée
Dans sa lettre, le gouverneur évoque «l’honneur de son parcours public» à la tête de la Banque de France. «Il me semble, après près de onze ans, que j'aurai accompli l'essentiel de ma mission, et qu'il est possible désormais d'en transmettre la responsabilité», écrit-il. A son actif, François Villeroy de Galhau met en avant la féminisation de la Banque de France, sa transformation en banque centrale «la plus verte du G20», ainsi que son rôle dans l’innovation monétaire, notamment autour du projet d’euro numérique.
Qui pour le remplacer ? Selon nos confrères, deux noms circulent déjà. Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, aurait fait acte de candidature. Ancien membre du directoire de la BCE pendant huit ans, il s’était déjà présenté en 2015 face à François Villeroy de Galhau. Autre prétendant potentiel : Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Elysée, ancien directeur du Trésor et proche du chef de l’Etat. Son départ pourrait toutefois poser un problème de calendrier, et sa nomination devrait en outre être validée par le Parlement. La succession de François Villeroy de Galhau est désormais entre les mains d’Emmanuel Macron.



















