
La position de François Villeroy de Galhau au sujet de l’effort de défense est claire : non à tout «nouveau quoi qu'il en coûte». Invité sur le plateau de BFMTV et RMC ce jeudi 20 mars, le gouverneur de la Banque de France a alerté : «Il ne peut pas y avoir de nouveau quoi qu'il en coûte.» «Il y a un effort légitime, mais il doit être mesuré, il doit être financé», a-t-il insisté. Alors que la menace russe pèse plus que jamais, les ministres de l'Economie et de la Défense doivent rencontrer ce jeudi banquiers, assureurs et fonds d'investissement à Bercy pour tenter de les convaincre de la nécessité d'un renforcement du budget de la défense.
«Je crois qu'il faut un effort de défense. Ce n'est pas à moi de décider de sa taille, mais il est légitime pour que l'Europe retrouve la maîtrise de son destin militaire mais aussi économique», a déclaré François Villeroy de Galhau. Avant de mettre en garde : «Nous ne pouvons plus tout nous payer comme avant. La France va devoir faire des choix. Ça, c’est l’objet de notre débat démocratique, au Parlement, avec le gouvernement.»
«C’est exigeant, mais c’est possible»
Pour le gouverneur de la Banque de France, le pays doit avant tout «enfin stabiliser» sa dette publique. «Nous sommes un des rares pays dont la dette publique continue à augmenter. Ça veut dire que nous transférons aux générations futures un sac à dos qui est de plus en plus lourd...», a-t-il souligné. François Villeroy de Galhau a ainsi tenu à rappeler les objectifs de réduction du déficit public «à 3% en 2029», ainsi que la nécessité de «stabiliser les dépenses publiques en volume après inflation». «C’est exigeant, mais c’est possible», a-t-il estimé.
Dans le même temps, le ministre de l'Economie a fait savoir ce jeudi matin sur TF1 que les entreprises du secteur de la défense auront besoin «à peu près de 5 milliards d'euros de fonds propres, de capitaux nouveaux» afin de monter en cadence dans le cadre de l'effort national de défense. Eric Lombard a par ailleurs annoncé que la banque publique d'investissement Bpifrance allait lancer un nouveau fonds de 450 millions d'euros, dans lequel les Français pourraient investir «sur le long terme» pour un montant minimum de 500 euros.


















