
Bernard Arnault n’y est pas allé par quatre chemins. Dans des propos accordés au journal britannique The Sunday Times, relayé par BFM TV, l’homme le plus riche de France a fait part de son hostilité à l'égard de l'économiste Gabriel Zucman et de sa taxe sur les hauts patrimoines. En effet, il le qualifie de «militant d’extrême gauche» dont l’idéologie «vise la destruction de l’économie libérale». Selon lui, «une taxe sur les ruches détruirait notre économie». Pour rappel, la taxe Zucman consisterait en une contribution annuelle de 2 % du patrimoine des Français possédant plus de 100 millions d’euros.
Gabriel Zucman «met au service de son idéologie (qui vise la destruction de l'économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous) une pseudo-compétence universitaire qui elle-même fait largement débat», affirme l’homme d’affaires. Il ajoute que l’économiste «présente la situation fiscale française de manière biaisée». «Comment me mettre moi directement en cause alors que je suis certainement le tout premier contribuable à titre personnel et l'un des plus importants à travers les sociétés que je dirige», s’interroge le dirigeant du groupe de luxe LVMH.
Des économistes se sont prononcés en faveur de cette taxe
Si la question s’est invitée dans le débat public au cours des dernières semaines, «il ne s'agit ni d'un débat technique ni économique, mais bien d'une volonté clairement formulée de mettre à terre l'économie française», martèle Bernard Arnault. «Je ne peux pas croire que les forces politiques françaises qui dirigent, ou ont par le passé dirigé le pays, puissent prêter la moindre crédibilité à cette offensive mortelle pour notre économie», poursuit-il.
Alors que plusieurs économistes se sont prononcés en faveur de cette taxe comme Olivier Blanchard ou Jean Pisani-Ferry, Gabriel Zucman a tenu à répondre à Bernard Arnault dans un post publié sur X : «Les milliardaires ne paient pas ou presque d’impôt sur le revenu et 86% des Français ont raison de vouloir mettre fin à ce privilège». «Ces grandes fortunes ne contribuent pas aujourd’hui à hauteur de ce qui est demandé aux autres catégories sociales — patrons de PME, salariés, cadres…», explique-t-il, avant de préciser que son impôt plancher de 2 % «vise à corriger cette anomalie». Selon lui, les propos du dirigeant de LVMH sont en fait «sans fondements».
Un débat «dans le respect de la vérité des faits»
Dimanche, Gabriel Zucman a ensuite répondu plus longuement aux accusations du milliardaire par mail, après avoir été contacté par l'AFP. Pour l'économiste, le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines doit d'abord se faire «dans le respect de la vérité des faits». Il a aussi réagi à l'attaque de Bernard Arnault quant à ses compétences en tant qu'universitaire, en mettant ses propos en parallèle avec les propos passés de Donald Trump contre les universitaires, aux États-Unis. «M. Arnault a tort de remettre en cause mes qualifications professionnelles en parlant à mon égard de «pseudo-compétence universitaire». Avec la montée du trumpisme, j'ai vu fleurir ce discours dénigrant les savoirs et la recherche aux États-Unis», a déclaré le chercheur et enseignant de l’École Normale supérieure.


















