
C’est l’arnaque bancaire en vogue. Un escroc, des complices, des méthodes de plus en plus sophistiquées et un travail de persuasion qui débouche le plus souvent sur la perte de plusieurs milliers d’euros : l’arnaque au faux conseiller bancaire fait en effet de plus en plus de victimes. Mais contrairement à d’autres escroqueries, elles sont souvent préparées depuis la France, ce qui permet aux enquêteurs de tracer les malfrats. C’est ce que sont parvenus à faire les policiers de la brigade financière (BF) de la Division de la criminalité territoriale (DCT) du Rhône, a appris Le Parisien, qui ont arrêté un jeune homme de 22 ans.
Présenté comme un «alloteur», un nouveau terme désignant un escroc en série, il aurait bénéficié de la complicité d’au moins cinq personnes pour soutirer de l’argent à une trentaine de victimes. Pour comprendre comment cette affaire s’est déroulée, il faut remonter six mois en arrière. En septembre dernier, une femme est victime de l’arnaque classique au faux conseiller bancaire : un SMS reçu lui indiquant que des mouvements frauduleux ont lieu sur son compte, un conseiller bancaire (évidemment un escroc) à rappeler pour arrêter l’arnaque, et des heures de tentative de mise en confiance.
Une carte bancaire confiée à un faux coursier
Le piège se referme quand la victime, trop crédule, confie sa carte et ses informations bancaires à un pseudo coursier de sa banque. Cette femme perdra alors près de 4 000 euros. Grâce à sa plainte, la brigade financière (BF) de la Division de la criminalité territoriale (DCT) du Rhône va remonter à un jeune homme âgé de 19 ans résidant dans les Yvelines, détaille Le Parisien. Il était à la tête de six lignes rattachées à un numéro de téléphone virtuel généré par une application sans carte SIM. C’est à partir de cet homme et de ses comptes bancaires que les policiers vont démanteler un petit réseau.
On retrouve notamment un homme à la tête d’un réseau de faux coursiers. Surtout, les enquêteurs vont découvrir qu’il y a 26 victimes supplémentaires pour un préjudice total évalué à 64 000 euros. En garde à vue, l’un d’eux a reconnu partiellement les faits, reconnaissant avoir reçu de l’argent frauduleux, mais ne pas en être à l’origine. Le faux coursier a, lui, avoué avoir dérobé une vingtaine de cartes bancaires. Les deux ont été placés en détention provisoire.
Des actifs en cryptomonnaie saisis
Reste le cas d’un dernier homme, aujourd’hui en Thaïlande, mais dont le domicile a été perquisitionné. En plus d’argent liquide, les policiers ont découvert des actifs en cryptomonnaies dont une grande partie a pu être saisie par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC). Deux autres membres du réseau ont été interpellés dans le Nord, avant le faux conseiller bancaire le 11 mars, un homme de 22 ans résidant à Paris. S’il n’a reconnu les faits qu’à demi-mot, il a quand même été mis en examen, ont appris nos confrères.



















