Franck Von Lennep s’est exprimé devant la commission d'enquête de l’Assemblée nationale «visant à lever les incertitudes budgétaires en matière de sécurité sociale» créée sur proposition du Rassemblement national en décembre 2025. Durant son intervention, l’ancien directeur de la Sécurité sociale a été très clair : la santé ne pourra se financer éternellement par le déficit.

En effet, «nous avons revalorisé massivement les rémunérations des soignants», qui «en avaient besoin», a rappelé monsieur Von Lennep devant la commission, au lendemain de la crise sanitaire. Mais «cela coûte» sur «les incertitudes budgétaires en matière de Sécurité sociale». Ainsi, la Sécu est financée «par le déficit» a-t-il indiqué alors que, selon lui, il «devrait y avoir des recettes (NDLR. cotisations ou impôts) mises en place».

Un déficit d’une quinzaine de milliards d’euros ?

Selon l’actuel président du comité de suivi des retraites et conseiller maître à la Cour des comptes, il aurait fallu jouer la carte de la franchise. Après 2020, quand la crise sanitaire a commencé à s'estomper, «il aurait fallu dire aux Français “on a mis beaucoup d'argent”» pour le système de santé et les soignants. Selon lui, toujours, la branche maladie de la Sécurité sociale «est aujourd'hui plombée par un déficit d'une quinzaine de milliards» d'euros.

Le Ségur de la Santé représente un surcroît de dépenses pour la branche maladie de «12 à 13 milliards d'euros», a-t-il présenté à la commission. «S'il n'y avait pas eu le Ségur, toutes choses égales par ailleurs, notre branche maladie serait quand même déficitaire» aujourd'hui, a observé Franck Von Lennep.