Alors que le débat sur la fiscalité en France s’intensifie, un récent sondage révèle que 59% des Français privilégient une baisse des impôts plutôt que des services publics renforcés. Ce chiffre, issu du baromètre 2025 de l’Institut Paul Delouvrier publié par Les Echos, souligne l’écart croissant entre la perception des Français sur la fiscalité et leur satisfaction vis-à-vis des services publics. Pour Benoît Perrin, directeur de l'association Contribuables Associés, interrogé sur LCI ce lundi 16 février, ce décalage n’a rien d’étonnant.

«Les Français ont bien conscience qu'ils n'en ont pas pour leur argent. La dépense publique ne cesse d’augmenter, encore plus 38 milliards d’euros cette année. il n’y a quasiment pas d’année, je crois qu’il y a eu deux ans sur les 60 dernières années, dans laquelle la dépense publique a baissé», a-t-il déclaré. Selon lui, cette augmentation des dépenses ne se traduit pas par une amélioration tangible des services publics. «La difficulté, c’est un peu comme pour les grosses entreprises : plus vous grossissez, moins il y a d’efficacité», a-t-il estimé.

«Il y a une dilution totale»

«Les Français ont bien compris qu’en fait ils continuent à payer beaucoup d’impôts et les services publics ne s’améliorent pas. Comme si on continuait à dépenser de l’argent et que sur le terrain, ça ne se voyait pas», a-t-il ajouté. Benoît Perrin déplore surtout la complexité administrative qui dilue l’impact des fonds publics : «Il y a tellement de strates administratives, tellement de gens qui se servent au passage entre le moment où le Français paie et celui où le fonctionnaire de terrain est censé recevoir l’argent. Il y a une dilution totale, c’est comme si l’Etat passait son temps à arroser le sable», a-t-il analysé.

Pour le directeur de Contribuables Associés, ce manque d’efficacité est à l’origine du ras-le-bol fiscal exprimé par les Français : «Beaucoup disent 'on en a marre' parce qu’il n’y a pas d’efficacité au bout. Et c’est un gros tabou de la vie politique française de simplement s’interroger sur l’utilisation de l’argent public.»