Depuis des semaines, il ne cesse de dénoncer les mesures prévues par le gouvernement dans le cadre du budget 2026. Un «musée des horreurs fiscales» pour les hausses d’impôts, un manque d'efforts sur les dépenses, etc. Mais plus globalement, c’est la situation industrielle du pays qui inquiète Benoît Perrin. Interrogé sur Europe 1 le 13 décembre dernier, le directeur de Contribuables Associés a voulu une dernière fois alerter sur la désindustrialisation du pays. «On a plus de fermetures d'usines que d'ouvertures d'usines», a-t-il souligné en préalable.

Il a rappelé qu’il y a quelques années, avec des baisses d’impôts et des allégements de normes, il y avait davantage d’ouvertures d’usines que de fermetures. Désormais, c’est l’inverse avec plus de 160 sites menacés, soit une hausse de 40% en un an (cf. Brandt la semaine passée). «C'est une situation extrêmement préoccupante, ce sont nos responsables politiques qui sont responsables de cette situation», a-t-il fustigé. Parmi les secteurs les plus fragilisés : la métallurgie, l’automobile, la chimie ou l’agroalimentaire qui souffrent «d’un certain nombre de handicaps».

Le poids de l’industrie «s'est réduit comme peau de chagrin»

Pour Benoît Perrin, aujourd’hui, le constat est simple : «L’industrie se meurt.» Alors que le secteur représente normalement trois millions d’emplois, environ 2,5 millions ont disparu en 40 ans. «En 1973, c'était 25 % de notre PIB, aujourd'hui, c'est 15%, donc le poids de l'industrie dans l’économie française s'est réduit comme peau de chagrin», a martelé sur Europe 1 le directeur de Contribuables Associés. A contrario, des pays comme l’Allemagne ou la Pologne n’ont pas connu de tels chiffres et «se sont stabilisés», à tel point que l’Italie a de meilleurs résultats.

La faute à quoi ? Encore une fois, aux normes et aux impôts. «Dans les conditions de succès de l'industrie, en premier lieu il y a évidemment d'avoir des impôts bas. Et que font nos responsables politiques depuis des années ? Ils chargent la barque», a-t-il alerté, citant les impôts de production payés par les entreprises «avant même qu’elles gagent de l’argent». Or, dans le cadre du budget, le gouvernement envisage de revenir sur la suppression de la CVAE «qui pèse très lourd dans les comptes des entreprises».

En France, les impôts de production représentent 3% du PIB

Un impôt «qui coûte cher», mais le gouvernement pourrait quand même revenir sur sa suppression, ce que ne comprend pas Benoît Perrin. Il a d’ailleurs pris un exemple criant : en France, les impôts de production payés par les entreprises représentent 3% du PIB. A titre de comparaison, en Allemagne, il s’agit de 0,8% du PIB et en Europe, la moyenne est à 1,5%. «On paie beaucoup plus cher en impôts», a-t-il dénoncé, avant d’évoquer le prix de l’énergie payé par les industriels français «trois fois plus cher qu’aux Etats-Unis». Et de conclure : «On ne peut pas dire que nos responsables politiques fassent tout pour dérouler le tapis.»