
«Le travail ne paie plus.» En septembre dernier, l’économiste Eric Heyer faisait déjà le constat alors que la part du revenu net sur le brut est passée de 69% dans les années 1970 à 54% aujourd'hui. Depuis, de nombreuses personnalités se sont lancées sur le sujet, comme Michel-Edouard Leclerc, qui plaide pour une «augmentation des salaires déchargés de ces cotisations». Interrogé sur LCI, Benoît Perrin souligne lui aussi que le travail coûte cher : «Quand on a 100 euros dans la poche, on a coûté 2100 euros à notre employeur», rappelle-t-il.
Le directeur général de Contribuables Associés faisait ce constat en se basant sur le coût global d’un directeur des ventes chez Anthropic. Selon les données de l’Urssaf, il coûte 528 826 euros à son employeur, alors que son salaire brut est 375 000 euros et que son salaire net après impôts équivaut à 188 213 euros. «Les charges patronales et salariales sont toujours extrêmement importantes et ça explique un problème de compétitivité des entreprises françaises et de pouvoir d’achat pour les Français», martèle Benoît Perrin.
Un financement de la Sécurité sociale «bancal»
Pourquoi est-ce un problème ? Car aujourd’hui, le travail finance notre système de protection sociale. Mais pas seulement. «Ça finance aussi d’autres prestations, les allocations familiales, le logement, le financement des syndicats», énumère le consultant. Il ajoute : «Quand vous avez une société qui vieillit (…) se pose la question de qui doit payer notre système de protection sociale et le travail pèse trop sur les actifs.»
Mais Benoît Perrin a pointé du doigt un autre problème : «Sur les bas salaires, il y a très peu de charges patronales, du coup, les bas salaires ne participent pas au financement de la Sécurité sociale, car les charges ont très basses.» Et à l’inverse, comme les charges (patronales et sociales) sont extrêmement fortes, «on a un système de financement de la Sécurité sociale qui est très bancal», a-t-il déploré sur LCI, mettant en exergue le trop grand nombre d’exonérations.
Et cela a finalement des conséquences pour tous les salariés, a-t-il poursuivi : «Quand on parle de ‘smicardisation’ de la société, les chiffres sont très clairs : en 2017, 11% des salariés étaient au SMIC, ils sont 17% aujourd'hui». Si aujourd’hui beaucoup de personnes se retrouvent au SMIC, c’est à cause «des politiques d’exonération de charges». Pour Benoît Perrin, on ne fait pas en sorte que les entreprises gagnent plus d’argent pour mieux payer leurs salariés, et surtout, «le travail ne paie pas assez, car on ne travaille pas assez».




















