
La course au réarmement s’accélère. Portés par les tensions internationales, les investissements privés dans la production d'armes nucléaires repartent à la hausse. Selon un rapport publié ce vendredi 24 avril par les ONG ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) et Pax, plus de 700 milliards de dollars ont été injectés dans des entreprises du secteur entre 2023 et septembre 2025. D’après cette étude, relayée par BFM, 301 institutions financières - banques, fonds de pension ou compagnies d’assurances - détiennent désormais des parts ou financent des groupes impliqués dans la production et la modernisation d’arsenaux nucléaires.
Ce chiffre est en hausse de 15% sur un an, marquant un retournement après plusieurs années de recul. Le rapport souligne également une forte progression des montants investis. Les institutions financières détiennent à elles seules plus de 709 milliards de dollars d’actions et d’obligations dans 25 entreprises du secteur. A cela s’ajoutent près de 300 milliards de dollars de prêts et garanties accordés aux industriels concernés.
«Une dangereuse escalade» ?
Les ONG alertent sur une dynamique mondiale de réarmement alors que les neuf pays dotés de l'arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Pakistan, Inde, Israël et Corée du Nord) modernisent ou développent leurs arsenaux. Parmi les groupes industriels concernés figurent notamment Lockheed Martin, Northrop Grumman ou encore BAE Systems. Côté finance, les principaux acteurs identifiés sont des géants américains comme Vanguard, BlackRock ou encore JPMorgan Chase.
A quelques jours de la Conférence d’examen des Etats parties au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) à New York, les ONG alertent sur un risque d’«une dangereuse escalade», alimenté par la hausse des investissements privés dans le secteur.



















