Face au risque d’une France sans budget, le Premier ministre a fait son choix : ce lundi, Sébastien Lecornu a opté pour l’article 49.3. S’il a fait ce choix «avec regret et amertume», le Premier ministre a toutefois indiqué qu’il s’agissait d’un «semi-succès» et d’un «semi-échec». Il avait pourtant promis à l'automne de renoncer à cette arme qui lui permet de passer outre le vote à l’Assemblée nationale. «Ça a fonctionné sur la Sécurité sociale, personne n'y croyait, mais sur le budget de l'Etat tout le monde en arrive aussi à la conclusion qu'on va dans une impasse», a-t-il mis en avant.

Est-ce un risque ? Dans la foulée, La France insoumise et le Rassemblement national ont annoncé leur volonté de déposer une motion de censure, Marine Le Pen dénonçant de son côté «des annonces irresponsables». Engager la responsabilité du gouvernement ? Amélie de Montchalin avait mis en garde. Invitée de la matinale de BFM et RMC, la ministre des Comptes publics avait rappelé que l’article 49.3 était «un chemin assez périlleux puisque s'il ne se passe pas bien, vous n'avez ni budget, ni gouvernement pour reproposer un budget. Vous n'avez rien».

Le 49.3 plutôt que les ordonnances

Si elle n’annonçait pas le recours à cette arme constitutionnelle, Amélie de Montchalin laissait entendre qu’il s’agirait certainement de la meilleure solution : «Ce qu'on veut c'est sauver le budget», tout en soulignant que s’il était utilisé, c’est que le gouvernement avait obtenu «assez de garanties». Une stratégie d’autant plus risquée que le Premier ministre avait le choix entre l’article 49.3 et les ordonnances. «Avec les ordonnances, peut-être que vous n'avez plus de gouvernement, mais au moins vous avez un budget pour les armées», a martelé ce lundi Amélie de Montchalin.

En effet, une ordonnance aurait permis à la France de se doter d’un budget même si le gouvernement tombe. Reste à savoir désormais si le Parti socialiste s’abstiendra lors des motions de censure. La veille, son premier secrétaire, Olivier Faure, avait appelé à demi-mot à soutenir le gouvernement sous deux conditions. Ce lundi soir, la ministre des Comptes publics a annoncé qu’il y aurait des «économies supplémentaires» sur les agences et les opérateurs de l'Etat.

Macron salue une copie budgétaire qui garantit la «stabilité»

«Dans les prochaines heures, un certain nombre d'économies supplémentaires seront demandées», a-t-elle mis en avant. Ces économies, non chiffrées, viseront notamment «l'excédent de trésorerie de certaines structures, et doivent permettre de tenir l'objectif du gouvernement d'un déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB)». A l’issue du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a laissé entendre que la copie budgétaire proposée par son Premier ministre garantissait «la stabilité» et permettrait «au pays d'avancer».