
D’abord Gérard Larcher début décembre, qui le pressait d’utiliser l'«arme constitutionnelle», puis Bruno Retailleau quelques jours plus tard «pour donner un budget responsable au pays»… l’opposition met la pression sur Sébastien Lecornu afin qu’il utilise l’article 49.3 pour faire passer le budget. Mais jusqu’alors, le Premier ministre est resté de marbre, conformément à ce qu’il avait annoncé début octobre : «J’ai décidé de renoncer à l’utilisation du 49.3 pour gouverner.» Toutefois, la donne pourrait-elle changer d’ici la fin du mois de janvier ?
Interrogée sur RTL quant à un possible accord au lendemain d’une réunion avec plusieurs groupes politiques (sans LFI et les Ecologistes), la ministre des Comptes publics a laissé la porte ouverte à un changement de paradigme. «Je n'exclus rien qui puisse donner un budget à la fin à la France», a confirmé Amélie de Montchalin alors que les menaces de censure sont toujours présentes. Si elle n’a pas dit précisément que Sébastien Lecornu était prêt à dégainer le 49.3, elle l’a laissé entendre : «Le Premier ministre a pris un engagement qui est de donner tout le pouvoir au Parlement pour en définir le contenu.»
Des «compromis» nécessaires pour un accord
Pourquoi ? Parce que, «in fine, il faudra qu'il y ait un budget pour la France», a martelé la ministre qui en a assez des questions posées sur la méthode pour avoir un budget «qui font l’impasse sur le cœur du sujet : si vous n'avez pas d'accord politique, vous n'aurez pas de budget». Evoquant le contexte social (crise agricole) et politique mondial (Venezuela, le Groenland), Amélie de Montchalin a plaidé pour «une France forte».
Elle a assuré qu’elle était au travail, tout comme le gouvernement pour l’année 2026. «Tous ceux qui confondent le travail que l’on fait maintenant avec l’élection présidentielle, qui considèrent que le premier tract de la présidentielle, c’est ce budget, ils nous empêchent d’agir», s’est-elle agacée. Elle a par ailleurs affirmé qu’il y aurait un budget à la fin du mois de janvier : «Le chemin est la responsabilité du Premier ministre et du gouvernement.»
6 milliards de taxes sur les entreprises ?
Souhaitant des «accords de convergence», la ministre des Comptes publics a rappelé sur RTL que «le contenu (était) la responsabilité des parlementaires». Pour parvenir à un accord et à des compromis, elle a également confirmé qu’il faudrait faire davantage d’économies et obtenir davantage de recettes. Citant la taxe sur les petits colis, elle a également évoqué l’impôt sur les sociétés.
Jusqu’où le gouvernement est-il prêt à aller ? «Les sénateurs étaient à 0, tout le monde voit bien que ce n’était pas réaliste. Le gouvernement avait fait une proposition à quatre milliards, ça a été voté à six milliards…», a souligné la ministre, confiant que, «oui, ça allait au gouvernement». Se réjouissant enfin de la réunion de mercredi, où «tous les députés présents ne sont pas tombés dans le piège de Jean-Luc Mélenchon», Amélie de Montchalin a dévoilé que tous avaient «dit que 5% et réduire le déficit était un objectif partagé».



















