Décidément, c’est une proposition qui ne passe pas. Parmi les pistes évoquées par François Bayrou dans le cadre du budget 2026, il y en a une qui cristallise toutes les tensions : la suppression de deux jours fériés, à savoir le lundi de Pâques et le 8 mai. Si différents ministres sont montés au créneau pour défendre la mesure, dans l’opposition, de la gauche au Rassemblement national, en passant par les syndicats, tous sont unanimes : la mesure serait injuste. Dernière en date à prendre la parole sur le sujet : Sandrine Rousseau.

Invitée de la matinale de Franceinfo, la députée écologiste de Paris considère déjà que cette mesure a été présentée par le gouvernement comme «une espèce de fanion pour énerver tout le monde». Mais surtout, elle qualifie la mesure de nouvel impôt qui frappe encore les moins aisés : «Deux jours fériés en plus, c'est un impôt sur les classes moyennes et laborieuses, c’est-à-dire les personnes qui travaillent et qui travaillent le plus (…) qui n'ont pas les moyens.»

Supprimer deux jours fériés ? Une tactique pour Sandrine Rousseau

En plus de frapper au porte-monnaie des Français, cette possible suppression de deux jours fériés est considérée comme un «impôt sur la vie» par la députée de Paris, qui fustige : «Ce gouvernement n’en a rien à faire de la qualité de vie des Françaises et Français.» D’ailleurs, d’après elle, il s’agit d’une «tactique politique pour faire passer les 40 milliards». «Ils mettent ça dans le débat public pour après, lâcher un des deux jours en disant, regardez, on est grand prince, on va lâcher le 8 mai…»

Une hypothèse qui fait écho aux propos tenus par la ministre chargée des Comptes publics dans La Tribune du Dimanche, samedi 19 juillet. Amélie de Montchalin concède être favorable à un compromis «clair dans les trois mois» et donc «à ce que les Français soient mieux rémunérés pour ces deux jours fériés». Elle estime aussi possibles des discussions avec les autres partis politiques.

«Il faut travailler moins»

Justement, est-ce envisageable avec les Ecologistes ? «On est à un moment où il faut travailler moins, un moment de bascule possible, d’effondrement social et démocratique. On est en train de basculer dans un effondrement climatique», a seulement tenu à rappeler la députée, qui enfonce le clou : «Ce qu’on fait, c’est produire plus, produire plus, produire plus. C’est exactement l’inverse de ce que la rationalité nous invite à faire (…) qui est de travailler moins.» Difficile d’y voir un compromis possible à la rentrée…