
C’est une annonce qui ne passe toujours pas. Lors de la présentation de son projet de budget le 15 juillet dernier, François Bayrou a fait une annonce qui a de suite entraîné une levée de boucliers de toutes parts : la suppression de deux jours fériés, à savoir le lundi de Pâques et le 8 mai. La mesure, bien que rejetée par une majorité des Français et jusque dans les rangs macronistes, est pourtant défendue bec et ongles par le Premier ministre qui l’estime primordiale pour redresser les comptes publics.
Présent à Roland-Garros à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) le 28 août dernier, François Bayrou a d’ailleurs tenu à défendre à nouveau sa proposition en appelant les Français à «une prise de conscience» face au risque de surendettement. «Pour vous donner la mesure de ce débat, sur les 44 milliards d’euros nécessaires, les jours fériés c’est un peu plus de 4 milliards d’euros», a-t-il expliqué. «Si quelqu’un pense qu’on peut chercher d’autres jours fériés, d’autres moyens, je suis ouvert à la discussion, mais je suis de ceux qui pensent qu’on n’exagère pas en estimant que le mois de mai, où l’on vole de pont en pont, est le moins travaillé de l’année», a-t-il ajouté.
Une mesure jugée «incompréhensible» pour Amélie de Montchalin
Alors que le Premier ministre sera soumis selon ses vœux à un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain - et risque de voir son gouvernement tomber s’il ne l’obtient pas -, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a expliqué sur le plateau de franceinfo être prête à prendre en compte certaines mesures proposées par le Parti socialiste comme sur l’écologie ou encore le «travail qui paie plus». «Produire plus c’est essentiel, que nous soyons plus nombreux à travailler c’est essentiel […] que les gens qui ont entre 25 et 60 ans gagnent mieux leur vie par leur travail, c’est essentiel», a-t-elle expliqué. Et d’ajouter : «On ne peut pas dans notre pays dire "travaillons tous plus, mais ne gagnons pas plus"».
Revenant par la suite sur la très contestée mesure de suppression de deux jours fériés, la ministre a estimé que celle-ci ne pourrait être acceptée par les Français que dans le cas où elle s’accompagnerait d’un gain pour ces derniers. Il pourrait alors s’agir d’un gain sur les salaires, d’une participation, «sinon elle n’est pas acceptable», a-t-elle martelé.
🔴 Suppression de 2 jours fériés ➡️ "Cette mesure ne peut être accepté par les Français que si elle s'accompagne d'un gain sur les salaires, sinon elle n'est pas acceptable", déclare Amélie de Montchalin. pic.twitter.com/pB7Mp8XsOn
— franceinfo (@franceinfo) September 3, 2025
«Les jours fériés, c’était quoi l’intention politique ? C’est de dire ‘dans notre pays, si on ne produit pas plus, […] s’il n’y a pas plus de croissance, nous n’arriverons pas dans le temps à financer notre modèle social, nos services publics», a expliqué Amélie de Montchalin. La membre de l’exécutif a enfin estimé qu’il existe aujourd’hui de nombreuses autres manières pour encourager à produire plus, et ce, tout en s’assurant que «si on travaille plus, on gagne plus».


















