Après les menaces, place au cessez-le-feu. Dans la nuit de mardi à mercredi, Donald Trump a annoncé avoir trouvé un accord pour un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran en échange d'une réouverture du détroit d’Ormuz. De quoi faire refluer les prix du pétrole de 15% ce 8 avril. Et si le gouvernement a réclamé que les répercussions soient immédiates à la pompe, l’essence et le gazole restent toujours à des niveaux très hauts. C’est dans ce contexte, explique Le Parisien, que les alliés de Kiev lui ont demandé de stopper ses frappes sur les sites pétroliers russes.

C’est ce qu’a révélé le chef de cabinet du président de l’Ukraine au cours d’une interview accordée à Bloomberg, ajoutant que l’Ukraine réagirait «diplomatiquement» sans donner davantage de précisions. Si les alliés de l’Ukraine ont fait cette demande, c’est que les pénuries en carburant étaient de plus en plus importantes ces derniers jours. Or, dans le même temps, Kiev multiplie les frappes sur des sites pétroliers ennemis. Rien que depuis une semaine, des drones ukrainiens ont frappé plusieurs complexes, rappellent nos confrères.

Les russes en chute libre

Le 2 avril d’abord, c’est la raffinerie de Kstovo (Nijni Novgorod) qui a été prise pour cible. Cette dernière, qui produit plus de 50 produits pétroliers commerciaux (carburants automobiles, bitume, paraffines, lubrifiants…) a été victime d’un incendie. Mêmes frappes dans une autre grande raffinerie de pétrole à Oufa qui traite d’ordinaire jusqu’à 7,4 millions de tonnes de pétrole brut chaque année. Là encore, elle fabrique de l’essence pour les voitures, du kérosène, du diesel ou encore divers produits pétroliers.

Enfin, rappelle Le Parisien, dimanche 5 avril, l’Ukraine a visé un oléoduc dans la région de Leningrad. Résultat, à la suite de toutes ces frappes et du contexte de guerre au Moyen-Orient, les exportations russes ont fortement baissé. Sur la dernière semaine de mars, les exportations de barils de pétrole ont chuté de 43% par rapport à la semaine précédente, a relevé Bloomberg. Seuls 22 pétroliers sur les 37 habituels ont navigué pour transporter du pétrole.

Kiev a fait une proposition à Moscou

Mais pas sûr que l’Ukraine n’écoute à la lettre ses alliés. Comme l’a confié Volodymyr Zelensky, Kiev est prête à faire des efforts, mais s’ils sont réciproques. «Si la Russie cesse ses frappes contre notre secteur énergétique, nous ferons de même», a lancé le président ukrainien lundi 6 avril, ajoutant que la proposition avait été «transisse à la partie russe par l'intermédiaire des Américains». Pour l’heure, Moscou n’a pas donné suite, indiquent Les Echos. Dans la nuit de dimanche à lundi, des frappes ont de nouveau visé le secteur d'Oust-Louga (Baltique), la sixième attaque au moins depuis le 22 mars, endommageant un quart des capacités de stockage du site.