
Le conflit au Moyen-Orient va-t-il prendre fin comme l’a évoqué en filigrane ces dernières heures Donald Trump, selon qui l’Iran aurait demandé un cessez-le-feu ? Rien n’est moins sûr, mais les observateurs et les puissances mondiales l’espèrent, notamment pour desserrer l’étau sur les prix énergétiques depuis la fermeture du détroit d’Ormuz. Toutefois, même si le conflit devait se calmer, cela veut-il dire que les prix de l’énergie vont baisser rapidement ? Et va-t-on échapper aux pénuries ? Il y a peu de chances, à en croire le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Dans des propos tenus dans le podcast «In Good Company», et relayés par CNBC, Fatih Birol s’est montré assez pessimiste. «Le mois prochain, avril, sera bien pire que mars […] La perte de pétrole sera deux fois supérieure», a-t-il lâché, en laissant entendre que la crise de 2026 serait certainement la pire de l’histoire. «Cela se traduira par de l’inflation et, à mon avis, freinera la croissance économique dans de nombreux pays, notamment les économies émergentes», a ajouté le directeur de l’AIE.
Davantage de réserves libérées ?
Selon Fatih Birol, un «rationnement de l’énergie pourrait bientôt être instauré» dans beaucoup de pays. Pourquoi ? Car faut-il encore le rappeler, 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial passent par le détroit d’Ormuz. Ainsi, de nombreuses matières premières pourraient être concernées par des pénuries. S’il confirme que le «principal problème, aujourd’hui, est la pénurie de kérosène et de gazole, ce sont les principaux défis et nous le constatons déjà en Asie», l’AIE pourrait ainsi «proposer de libérer davantage de réserves».
Dans ce podcast, Fatih Birol a fait le parallèle avec les crises des années 1970 ou celle de 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Dans les deux cas, cinq millions de barils de pétrole avaient été perdus par jour, conduisant «à une récession mondiale dans de nombreux pays». Mais là, c’est bien pire : «Aujourd’hui, nous avons perdu 12 millions de barils par jour. C’est plus de deux fois ces crises pétrolières réunies.»
Un seul «remède» : rouvrir le détroit d’Ormuz
Dès le début du mois de mars, 32 pays membres de l’AIE ont libéré un volume de 400 millions de barils de pétrole à partir de stocks d’urgence afin de compenser une partie de la perturbation de l’approvisionnement. «Cela ne fait qu’aider à réduire la douleur, mais ce n’est pas un remède», a ajouté le directeur de l’AIE. Pour lui, le seul remède est d’ouvrir le détroit d’Ormuz. L’Agence a également dévoilé une série de mesures et recommandations afin d’atténuer l’impact de la crise énergétique mondiale, comme la réduction des limites de vitesse, le télétravail ou la réduction de l’utilisation des fours à gaz.




















