La ministre française des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé mercredi sur la radio BFMTV/RMC un effort supplémentaire de réduction de la dépense, à hauteur de 5 milliards d’euros, pour «tenir la ligne» et «tenir le chemin du désendettement», dont une partie pourrait être réallouée au secteur de la défense.

«Il y a 5 milliards d’euros d’efforts de plus sur la dépense que nous allons faire dans les toutes prochaines semaines, pour que nous puissions tenir la ligne, tenir ce chemin de désendettement, parce que c’est la seule condition pour qu’aujourd’hui, demain, on arrête d’augmenter la dette et que nous nous redonnions des marges», a déclaré la ministre. «C’est un effort supplémentaire de réduction de la dépense de 5 milliards, on va dépenser 5 milliards d’euros en moins», précisé Amélie de Montchalin à l’AFP.

«C’est notre réponse à un monde instable»

«Comme la croissance baisse, comme on a moins de recettes et comme certains ministères ont de nouveaux besoins, si on veut tenir la cible de déficit, il faut qu’il y ait 5 milliards de dépenses qu’on avait prévu de faire, qu’on ne va pas faire à l’endroit où on voulait les faire, soit parce qu’elles n’auront pas lieu du tout, soit parce qu’on les aura réallouées», a-t-elle détaillé.

«Ces 5 milliards d’euros que nous allons soit annuler, soit repousser, soit réorienter, c’est notre réponse à un monde instable. C’est la manière de faire face quoi qu’il arrive à ce monde instable», a déclaré Amélie de Montchalin. Elle a notamment souligné l’importance pour le gouvernement d’avoir «les moyens de soutenir l’Ukraine, de réarmer notre pays» : «dans ces 5 milliards, il y a une partie qui va aller à nos dépenses essentielles de défense», a indiqué la ministre.

Passer sous la barre de 3% du PIB en 2029

Le gouvernement entend réduire le déficit public à 5,4% en 2025, après 5,8% l’an dernier, avec l’ambition de passer sous le maximum européen de 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2029. Avant même la tempête douanière déclenchée le 2 avril, les incertitudes internationales ont conduit la Banque de France à réduire de 0,2 point à 0,7% sa prévision de croissance pour 2025.

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