Les comptes de la France sont dans le rouge. Alors que le gouvernement planche activement pour trouver 40 milliards d’euros d’économies pour le prochain budget, François Bayrou a d’ores et déjà fait savoir qu’il annoncerait aux Français au début du mois de juillet «un plan de retour à l’équilibre» qui demandera un effort à tous, sans cibler une catégorie en particulier. Évoquant dans le même temps un système social «très généreux», il faut dire que chaque année, notre pays consacre une part importante de ses dépenses au titre de la protection sociale.

Ainsi, en 2023, la France a dépensé 31,5 % de son PIB, soit l’équivalent de 888 milliards d’euros. Pour autant, si notre modèle social actuel protège, ce dernier fait aussi l’objet de certaines dérives. C’est le cas notamment des arrêts maladie qui ont explosé ces dernières années. Interrogé devant la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale en mai dernier, le président du Medef, Patrick Martin, s’était de nouveau alarmé de ce fléau. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’enquête annuelle d’Axa, l’absentéisme au travail a augmenté de 41 % depuis 2019. Il a ainsi coûté 10,2 milliards d’euros en 2023 pour les salariés du privé et les contractuels de la fonction publique, selon les chiffres de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Un nécessaire contrôle des arrêts maladie ?

Face à ce constat, une question peut alors se poser : existe-t-il des abus dans les arrêts maladie qui sont délivrés par les professionnels du secteur de la santé ? «Les médecins ont le droit, sans vrai contrôle, de balancer des prescriptions d’arrêt maladie qui parfois ne sont pas vraies», s’est d’abord indigné le journaliste Jean-Philippe Doux sur le plateau de RMC. Visiblement très agacé par ces possibles trous dans la raquette, le journaliste a ainsi appelé à des contrôles de façon systématique sur tous les arrêts maladie prescrits, et ce, afin «qu’on ait plus ce sentiment de dire "les autres en profite et pas moi"».

En effet, si dans les faits la majeure partie des arrêts de travail découlent d’une décision fondée, reste qu’une infime partie des praticiens délivrent ces dispenses de travail de façon moins honnête. Selon le directeur de l’Assurance maladie interrogé au micro de franceinfo en juin 2023, ces abus ne concerneraient qu’environ 2 % de la profession. Sans nier le phénomène, le président départemental de l’Ordre des médecins de Haute-Savoie, René-Pierre Labarrière a tenu à être limpide sur le sujet : en cas d’arrêt de travail de complaisance «nous sanctionnons».