
Faut-il mettre fin aux ruptures conventionnelles ? Faut-il mieux les contrôler ? Autant de questions qui se posent alors que ce moyen, à l’amiable, de mettre fin à un CDI, coûte environ dix milliards d’euros chaque année aux finances publiques. Résultat : le gouvernement veut faire des économies dans le cadre du budget 2026 et a demandé aux partenaires sociaux de s’entendre. D’autant que le ministre du Travail avait tancé au mois de novembre les salariés qui «profitent d’être au chômage pour passer un an tranquille, presque».
Un constat que semble partager Amir Reza-Tofighi. Invité de BFM Business, le président de la CPME souhaite que tout le monde soit capable de dire que les ruptures conventionnelles doivent être «sauvées et conservées». Toutefois, ce dispositif «qui coûte 10 milliards d’euros» doit être mieux contrôlé, insiste-t-il. Se basant sur les contrôles de France Travail, le patron de la CPME assure que «30% des ruptures conventionnelles sont abusives» en Ile-de-France.
Un chantage à la rupture ou des arrêts maladie
Il s’agit de «salariés qui ne recherchent pas d’emplois et ça met en danger le système», pointe-t-il du doigt. Et les conséquences sont énormes, déplore Amir Reza-Tofighi parce qu’on «arrive aujourd’hui à un chantage à la rupture conventionnelle : ces salariés viennent demander une rupture conventionnelle, et en cas de refus, se mettent en arrêt maladie», dépeint-il.
Le principal problème aujourd’hui, c’est que, aussi bien les salariés que les entreprises, paient les pots cassés de ces abus. Le président de la CPME demande de les «corriger», car on «ne peut plus accepter tous les abus du système». L’entrepreneur français considère qu’il est d’ailleurs possible de réaliser un milliard d’euros d’économies dans le domaine, soit bien plus que les 400 millions dans le viseur du gouvernement. «Ça nous paraît possible», a-t-il réitéré sur BFM Business, confirmant que s’il y avait davantage de contrôles, le coût serait moindre pour les finances publiques.
Il a finalement complété en soulignant que les personnes ayant bénéficié de la rupture conventionnelle «sont plus longtemps au chômage que les personnes licenciées». Plus globalement sur le budget, il n’appelle pas à la censure, mais met en garde : «Si on a un budget qui est : que des taxes en plus, que des impôts en plus, et qui met en danger l’économie, je serai là pour dire qu’il vaut mieux encore une censure qu’un budget qui va sacrifier l’économie française.»



















