Dans un contexte où la dette française s’est creusée de 100 milliards d’euros environ en 2025, le directeur général de la banque publique d’investissement Bpi France Nicolas Dufourcq, interrogé par RTL vendredi 27 mars, met en garde contre l’état du déficit public français. «On ne peut pas être souverain, quand on est si endetté», explique-t-il. Selon lui, la crise est proche, compte tenu de l’état actuel des caisses de l’État.

«Il n’y a plus un sou», affirme le patron de Bpi France pour décrire l’état des finances de la France, en expliquant que la guerre en Ukraine était la dernière crise finançable pour le pays. Désormais, la France vivrait «au jour le jour» selon lui.

Un risque de perte de souveraineté

Selon lui, la situation actuelle des finances publiques s’explique surtout par le poids des dépenses sociales. La réforme des retraites, comprenant leur indexation, coûtant 25 milliards d’euros en 2023 et 2024 à l’État, aurait été l’un des facteurs les plus aggravants pour les finances. Et dans cette situation, Nicolas Dufourcq ne comprend donc pas comment le ministre de l’Économie peut promettre de nouvelles aides, comme il l’a fait à l’antenne de RTL, le 26 mars dernier.

Pour le directeur général de Bpi France, chaque dépense supplémentaire comme ces aides fait courir à la France un grave risque de faillite, et d’une crise par la suite. «Les États font faillite lentement, ça ne se voit pas et puis, ça arrive d’un coup», affirme-t-il au micro de la radio, tout en souhaitant éviter d’arriver à un tel stade. En fait, creuser la dette met la souveraineté française en jeu, selon lui. Le patron de Bpi France craint que la France ne finisse «dépendante des États prédateurs».