“C’est scandaleux ! Ils se moquent de nous !”, s’insurge Agnès Giannotti, présidente de MG France, syndicat majoritaire des médecins généralistes, réagissant aux mesures présentées par le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lundi 19 juin. Pour éviter tout dérapage des finances publiques, le locataire de Bercy s’attaque aux dépenses de santé. Et en particulier aux prescriptions d’arrêts de travail et de médicaments. “Nous avons eu, en 2022, 8,8 millions d’arrêts maladie en France, contre 6,4 millions dix ans plus tôt. C’est une hausse de plus de 30% qui nous a conduits [...] à dépenser au total 16 milliards d’euros”, a-t-il soulevé. De quoi réjouir Geoffroy Roux de Bézieux, l’actuel patron du Medef qui pointe du doigt les arrêts de travail de complaisance, en particulier ceux de courte durée, juxtaposés au week-end.

Bonne élève, l’Assurance maladie n’a pas attendu l’intervention de Bruno Le Maire pour sévir. La semaine dernière, des “lettres de menace de mise sous objectifs (MSO) de prescriptions d’indemnités journalières [ont commencé] à pleuvoir”, affirme le syndicat MG France dans un communiqué diffusé le 15 juin. Dans le jargon médical, ces “MSO” imposent aux docteurs de ne pas délivrer plus de X% d’arrêts de travail à leur patientèle. “La caisse va demander aux médecins de diminuer de 10 à 15% par exemple, le nombre d’arrêts prescrits. Si l’objectif n’est pas atteint, alors le médecin s’expose à des pénalités financières”, déplore Luc Duquesnel, chef des généralistes à la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

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