Paris et Londres resserrent les rangs face aux menaces. «Nous franchirons une nouvelle étape qui changera l'échelle de (notre) coopération», a déclaré Emmanuel Macron ce mardi 8 juillet devant le Parlement britannique, au premier jour de sa visite d'Etat au Royaume-Uni, rapporte TF1. Ce jeudi, le président de la République et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont signé une déclaration «affirmant pour la première fois que les moyens de dissuasion respectifs des deux pays sont indépendants, mais peuvent être coordonnés», selon un communiqué.

Avec cette décision «inédite», les deux seuls Etats européens dotés de l'arme nucléaire assurent que «tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations». L'Elysée a précisé qu’Emmanuel Macron et Keir Starmer «n'envisagent pas de menace extrême à la sécurité de l'Europe qui ne susciterait une réponse rapide de la part des deux pays».

Vers une coordination renforcée des forces nucléaires

Par ailleurs, la source élyséenne a également indiqué qu’un groupe de supervision nucléaire, baptisé «Nuclear Supervisory Group», sera mis en place afin de «coordonner la coopération entre les deux pays sur le plan des politiques, des capacités et des opérations». Il sera coprésidé par l'Elysée et le Cabinet Office. Quant à la force conjointe franco-britannique (CJEF), elle montera en puissance, passant du niveau «brigade » à celui, plus conséquent, de «corps d’armée». Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, a d’ailleurs annoncé, ce mercredi sur compte X, la reprise cette année de la production de missiles Scalp, «pour équiper nos forces», «15 ans après notre dernière commande».

Ce jeudi, les deux dirigeants ont exhorté à accroître «la pression» sur le président russe Vladimir Poutine avec de nouvelles sanctions pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine. «Nous devons réorienter nos efforts vers la préparation de la paix, en forçant Poutine à se rendre à la table des négociations (...). Cette pression coordonnée fera la différence», a déclaré Keir Starmer. De son côté, Emmanuel Macron a appelé à «augmenter la pression» sur la Russie, comme le rapporte BFM TV.

Depuis le centre de commandement de l’Otan à Northwood, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont coprésidé une visioconférence de la «coalition des pays volontaires», chargée de garantir un futur cessez-le-feu entre Kiev et Moscou. Lancée en février par Paris et Londres, cette coalition rassemble une trentaine de pays engagés aux côtés de l’Ukraine. «Nous avons un plan prêt à être mis en œuvre dans les heures suivant un cessez-le-feu», a assuré Emmanuel Macron.

Keir Starmer a confirmé que «les plans sont prêts» et inscrits dans une «perspective de long terme», ajoutant que le nouveau quartier général parisien de la coalition, déjà opérationnel, finalise ses structures de commandement en lien avec Kiev.