
Y aura-t-il une riposte de l’Union européenne face aux droits de douane annoncés par Donald Trump la semaine dernière, et si oui, quand ? Jusqu’alors, la réponse du Vieux Continent se fait attendre, contrairement à la Chine qui a décidé notamment de taxes douanières réciproques à hauteur de 34%. Invité de la matinale de France Inter, le vice-président exécutif de la Commission européenne à la Prospérité et à la Stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, assure qu’«une riposte est en préparation». «Nous allons riposter», confirme l’ancien ministre des Affaires étrangères, et la méthode employée suivra trois mots d’ordre.
Le principal est la proportionnalité «car il y aura des impacts sur l'économie européenne», souligne-t-il. En effet, Stéphane Séjourné rappelle que l’économie européenne est «très imbriquée avec celle des États-Unis». Il cite 60% des investissements étrangers aux Etats-Unis qui sont européens, mais également 40% des investissements étrangers en Europe qui sont américains. «On voit comment les droits de douane peuvent impacter les entreprises américaines et européennes», souligne le commissaire européen.
Vers un «bazooka économique» ?
Alors que 10% de droits de douane ont été imposés dès le 5 avril, ils passeront à 20% pour l’Europe le 9 avril. Mais avant de répondre, il y a «l’unité européenne à construire», rappelle Stéphane Séjourné, pour qui il faut «continuer à négocier ensemble à 27». L’Europe pourrait ainsi utiliser des instruments anti-coercition, tarifaires et non-tarifaires. Ces derniers, utilisés à l’origine pour contrer les Chinois, pourraient ainsi être utilisés contre les Etats-Unis.
Mais concrètement, qu’est-ce que cela implique ? «Nous pourrions décider de retirer l’ensemble des entreprises américaines des marchés publics européens», laisse entendre le commissaire européen. Une mesure qu’il qualifie de «bazooka économique», car elle va toucher un certain nombre de services. Des services «où il n’y a pas d’autres options que de choisir les Américains», à l’image des services numériques.
Si Stéphane Séjourné confirme qu’il faut encore regarder «quel secteur» viser, cela «fait partie des sujets sur la table», ajoute-t-il. Vendredi 11 et samedi 12 avril, Stéphane Séjourné sera en Pologne avec le ministre de l’Economie et l’ensemble des ministres européens pour affiner les discussions. Le 2 avril, interrogé par Capital, le président de la CPME réclamait que l’Europe se montre capable de rivaliser avec les Américains. Désormais, la réponse européenne est scrutée de près.



















