
Dans le Haut-Rhin, à Sainte-Marie-aux-Mines, une formation inédite en France ouvre une nouvelle voie scolaire : un bac professionnel dédié aux drones. Une filière unique, mais déjà très convoitée, notamment par l’armée. Au lycée Louise Weiss, ils ne sont que 11 élèves à suivre ce cursus pas comme les autres : un bac pro CIEL (Cybersécurité, Informatique et réseaux, Electronique), option dronautique. Une spécialité encore exclusive en France, où les élèves passent une grande partie de leur temps à piloter, concevoir et tester des drones.
Entre deux exercices de vol, ils apprennent à comprendre chaque composant : moteurs, batteries, structure, électronique. Objectif : être capables de concevoir un drone de A à Z. Dans les ateliers, les élèves enchaînent les exercices : slalom entre des plots, tests de stabilité, essais de portance sur bancs de simulation. Une immersion concrète dans un domaine technologique en pleine expansion.
De 3 000 à 15 000 drones
L’établissement a même noué un partenariat avec l’armée. Des instructeurs militaires interviennent pour former les élèves au pilotage et leur faire découvrir des bases aériennes. Cette formation attire particulièrement l’attention des forces armées. L’armée française prévoit une montée en puissance spectaculaire de ses capacités : de 3 000 à 15 000 drones d’ici la fin de l’année. Pour le commandant Pascal Fischer, du Centre régional de recrutement de l’Armée de l’air, les enjeux sont stratégiques. «On a besoin de drones pour assurer la surveillance et la sécurité de nos sites et aussi de gens qui connaissent bien le milieu du drone pour permettre de mettre en place des contre-mesures s’il y avait des drones qui avaient aussi des visées par rapport à nos infrastructures», explique-t-il auprès de BFM Business.
Le succès est tel que le lycée a dû refuser des candidatures. «Il serait intéressant que l’Education nationale reprenne cette expérience pour l’étendre à plusieurs lycées en France, puisqu’à ce jour il n’existe aucune filière de formation en dronautique sous statut scolaire», estime le proviseur, François Ginoux. Si la dimension militaire est très présente, les opportunités professionnelles ne s’arrêtent pas là. Le secteur civil est en pleine croissance avec notamment des débouchés dans l’industrie et l’agriculture.
Aujourd’hui, 12 000 pilotes de drones exercent en France dans le civil, selon la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC), sans compter les techniciens, instructeurs, ingénieurs et militaires. Le marché de l’emploi pourrait ainsi doubler d’ici la fin de la décennie.



















