
C’était une prise de parole pour le moins alarmiste d’Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger. Dans une interview donnée au Point, relayée par Le Parisien et publiée samedi 27 septembre, l’entrepreneur estime que la conjoncture française est «dramatique», et alerte sur la «dette en explosion», ainsi que sur le «budget hors de contrôle». Pour lui, entreprendre en France actuellement relèverait même «de la mission divine».
L’entrepreneur, aussi connu pour sa participation à l’émission Qui veut être mon associé ?, explique dans l’entretien avoir longtemps encouragé les jeunes entrepreneurs à rester en France pour bâtir leur projet. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. «Beaucoup de jeunes entrepreneurs me demandent s'il vaut mieux rester ou partir. Il y a quelques années, je leur disais : Restez, entreprenez ici. Aujourd’hui je leur réponds que, s’ils en ont la possibilité, il vaut mieux partir», explique-t-il. Et de juger la situation en France «déplorable» et qui «ne va pas s’améliorer».
Un pays qui décourage ses créateurs
Pour lui, la France n’est maintenant qu’un «État obèse qui vit au-dessus de ses moyens», et qui ne peut plus aujourd’hui améliorer sa situation ou réduire sa dette publique. Alors, selon l’entrepreneur, la mise sous tutelle des finances publiques ne serait qu’une question de temps.
Éric Larchevêque estime que le débat sur la taxe Zucman a créé en France une rupture, et que même les entrepreneurs qui ne sont pas concernés se sentent attaqués. «D’un côté, [il y a] ceux qui produisent, innovent, créent de la valeur ; de l’autre, ceux qui réclament qu’on s’occupe d’eux et qu’on leur donne davantage», lance l’entrepreneur. Une taxe qui selon lui «finira probablement par s’appliquer», et sera un coup porté à l’attractivité de la France. Aujourd’hui, beaucoup de créateurs d'entreprises ne se «sentiraient plus vraiment à leur place» en France, selon lui, et la question de partir ou de rester est désormais centrale pour eux. Il admet même se poser lui aussi la question.

















