La proposition de taxe sur les riches portée par Gabriel Zucman continue de susciter de vifs débats. Eric Larchevêque, cofondateur de Ledger, entreprise française spécialisée dans la sécurité des cryptomonnaies, s’est exprimé sur LCI ce mercredi 24 septembre pour dénoncer ce qu’il considère comme une injustice fiscale. Interrogé sur sa capacité à s’acquitter de cette taxe, l’entrepreneur a étonné en affirmant : «Alors, ça va sûrement surprendre les Français qui écoutent, mais non. La réalité, c’est que je n’aurai pas la capacité de payer 7,5 millions d’euros par an, tout simplement parce que l’entreprise Ledger n’est pas rentable, ne distribue pas de bénéfices.»

Et de poursuivre : «D’un point de vue économique, ne me rapporte rien, c’est-à-dire que c’est un patrimoine qui est complètement virtuel, et ces 375 millions d’euros n’ont pas de réalité effective. Ce n’est pas comme si j’avais 375 millions d’euros placés sur divers actifs qui me ramèneraient, je ne sais pas, 8% par an, et qui permettraient de payer 2%, donc non, ça serait juste impossible.»

Une taxe «complètement injuste»

Pour payer cette taxe, l’entrepreneur serait alors contraint de céder une partie de sa société, qui «n’est pas cotée en Bourse», a-t-il souligné. «Si je voulais vendre des parts de mon entreprise pour payer, je devrais trouver un acheteur sur du gré à gré, avec une décote assez importante de plus de 60%, et même plus puisqu’il se dirait ‘il n’a pas le choix, il doit vendre’, et donc je serais dans une position assez compliquée», a-t-il expliqué.

«C’est une taxe sur quelque chose qui n’existe pas, qui n’a aucune valeur économique tangible, de devoir vendre les actions pour pouvoir payer cette taxe serait au final complètement injuste», a dénoncé Eric Larchevêque. Concernant la proposition de Gabriel Zucman qui suggère que les contribuables les plus fortunés versent 2% de leur patrimoine sous forme d’actions à l’Etat, Eric Larchevêque a réagi avec vigueur : «A quel titre ? Pourquoi je devrais donner 2% chaque année de mes actions à l’Etat pour une valeur de patrimoine qui ne me rapporte rien ?», a-t-il lancé.

«Il y a un décalage complet entre ce qu’on imagine être un patrimoine cash et un patrimoine professionnel en actions. Au bout de dix ans, ça veut dire que je dois donner 18% de mes parts à l’Etat», a-t-il ensuite déploré. «Il faut beaucoup de temps pour qu’une entreprise puisse arriver à un moment à une maturité pour être vendue», a-t-il insisté.