
La décision de la compagnie espagnole Volotea de répercuter la hausse des carburants sur des billets déjà achetés suscite des interrogations au sommet de l’Etat. Ce mardi 5 mai, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé vouloir examiner de près la légalité de cette pratique encore inédite. Mise en place pour les réservations effectuées à partir du 16 mars, cette mesure vise à compenser l’envolée des coûts du carburant. Si une augmentation des tarifs au moment de l’achat est courante dans le secteur aérien, appliquer une hausse après coup apparaît beaucoup plus controversé.
«C’est une future jurisprudence Volotea», a estimé le ministre sur France 2. Philippe Tabarot reconnaît que la situation soulève des incertitudes juridiques. «On est en train de creuser la chose très rapidement, parce qu’il y a un flou là-dessus», a-t-il expliqué. Avant de préciser que la question dépasse le cadre français : «Il faut le vérifier, mais pas au niveau national, c’est au niveau européen que ça se traite».
«Il faut que ce soit une hausse contrôlée»
Face à cette initiative isolée, les autres compagnies aériennes doivent être reçues mercredi au ministère afin de clarifier leur position. Pour l’exécutif, il est essentiel d’éviter que les passagers ne supportent seuls le poids des difficultés économiques du secteur. «Il faut que ce soit une hausse contrôlée, parce que les difficultés, ce ne sont que les passagers qui doivent les porter financièrement, ce sont les compagnies également», a insisté le ministre.
Philippe Tabarot a par ailleurs rappelé que la tension actuelle est liée avant tout à la flambée des prix du carburant, et non à un manque de kérosène. «Nous n’avons pas touché à nos stocks stratégiques», a-t-il assuré. Le ministre a également réaffirmé sa vigilance quant au respect des droits des voyageurs. «Ça veut dire, en cas d’annulation, prévenir suffisamment tôt, ça signifie replacer les passagers sur un vol s’ils le souhaitent, ou bien sûr, des remboursements», a-t-il précisé, ajoutant qu’il «vaut mieux voir un avion plein plutôt que deux avions à moitié vides, ce qui arrive malheureusement en ce moment».
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