Il y a les compagnies qui décident d’annuler certains vols ou de réduire leurs plans pour les mois à venir par crainte d’une pénurie de kérosène. Et il y a celles qui rassurent, à l’image d’Air France qui a martelé que «jusqu’au mois de juin, nous ne prévoyons absolument aucun problème», selon les dires de son directeur financier. Steven Zaat a évoqué le cas de Paris Roissy Charles-de-Gaulle relié à un oléoduc au terminal pétrolier du Havre et des Pays-Bas, «exportateur net» de kérosène.

Selon lui, «pour les six mois à venir […], il y aura assez de carburant d’aviation». Mais dans le même temps, la compagnie française réalise d’autres économies. Elle le fait par exemple en empruntant des trajectoires plus directes qu’auparavant afin d’économiser du carburant en vol. Or, cela ne passe pas du tout auprès du personnel, rapporte BFM, notamment parce que parmi ces routes empruntées, il y a un survol de la Libye. Loin du Moyen-Orient, la Libye est située entre l’Algérie et l’Egypte. Mais l’instabilité règne dans la région.

Un survol pas interdit, mais pas recommandé

Pour Air France, le gain de temps est substantiel, car il permet de réduire le temps de vol d’environ une heure vers des destinations comme Johannesburg (Afrique du Sud), N'Djamena (Tchad) ou encore Kinshasa et Brazzaville (Congo). Invité à réagir sur France Inter, le syndicat SNPNC-FO qualifie la situation d’«irresponsable» et met en avant les problèmes liés à la sécurité. Si le survol du pays n’est pas interdit, l’Agence européenne de la sécurité aérienne recommande de l’éviter. Alors, pourquoi une telle décision ?

Interrogée sur le sujet, la compagnie Air France nie tout lien avec la situation actuelle et la crise liée aux carburants ou au kérosène et l’assure : «La sécurité des passagers et du personnel reste une priorité absolue.» Elle met en avant également le fait d’utiliser un couloir de survol spécifique, validé par la direction générale de l'aviation civile (DGAC). Enfin, en cas de risque, un commandant de bord peut dérouter l’avion, rappelle Air France.

Selon Libération, les représentants des pilotes et des hôtesses et stewards en appellent au droit de retrait. Enfin, la commission sécurité, santé et conditions de travail (CSSCT) des pilotes, hôtesses et stewards d’Air France a émis un avis de «danger grave et imminent». Ces instances auront-elles gain de cause ? D’autres compagnies survolent la Libye, rappelle BFM, que ce soit Qatar Airways, Turkish Airlines, Egyptair ou encore Emirates.

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