
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus va-t-elle devenir un ISF bis ? Le gouvernement s’en défend, mais les annonces du ministre de l'Economie concernant l'élaboration du budget 2026 interpellent. Dimanche 13 avril, Éric Lombard a en effet confirmé, sur BFMTV, que cette contribution, instaurée temporairement dans le cadre du budget 2025, sera pérennisée. «Nous demandons beaucoup d’efforts à tous, il est juste que les plus aisés participent à la hauteur de leurs moyens», a justifié le ministre, déplorant une «suroptimisation fiscale» des plus riches.
Cette mesure, censée rapporter 2 milliards d’euros par an, concernera «quelques dizaines de milliers de contribuables», a-t-il précisé. Concrètement, les personnes seules déclarant plus de 250 000 euros par an sont concernées, avec un taux de 3 % qui grimpe à 4 % au-delà de 500 000 euros. Les couples sont touchés à partir de 500 000 euros, avec un taux à 3%, puis à 4% au-delà d'un million. À cela s’ajoute une contribution «différentielle», garantissant une imposition minimale de 20 % des plus hauts revenus.
Quelle différence avec l'Impôt de solidarité sur la fortune ?
Mais s’agit-il pour autant d’un retour «déguisé» de l’ISF ? Eric Lombard s'en défend. Comme le précise Ouest-France, l’ex-Impôt de Solidarité sur la Fortune, instauré en 1989, supprimé en 2018 et remplacé par l’IFI (qui ne cible que l’immobilier), portait sur le patrimoine dans son ensemble, et non sur les revenus. «Hors de question que l’outil de travail ou l’investissement productif soient touchés», a insisté le ministre. Reste que cette décision résonne comme un signal fort envoyé aux plus fortunés, dont certains cumulent revenus élevés et gros patrimoines. Pour eux, la facture fiscale pourrait grimper sensiblement.


















