
Le chantier du futur porte-avions français entre dans le concret. La soudure de la première tôle des chaufferies nucléaires, effectuée jeudi 25 septembre à Cherbourg sur le chantier Naval Group, marque en effet une étape déterminante dans le projet hors normes du PA-NG (Porte-Avions de Nouvelle Génération). Si la construction du navire à proprement parler n’a pas encore commencé, cet événement symbolise le véritable lancement de la phase industrielle de ce projet stratégique, destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle à l’horizon 2038, souligne Le Parisien.
Avec ses 310 m de long et ses 85 m de large, ce géant des mers deviendra, une fois lancé, le plus grand navire militaire d’Europe. A titre de comparaison, il dépassera largement le Charles-de-Gaulle (262 m de long pour 65 m de large). Il pourra accueillir à son bord jusqu’à 2 000 personnes, et embarquer une quarantaine d’appareils, dont une trentaine de Rafale M, des drones, des hélicoptères, et deux avions de surveillance E-2D Hawkeye.
Un concentré d’innovation au service de la défense
Son pont d’envol s’étendra sur 17 200 m² (contre 12 000 m² pour son prédécesseur), et son hangar atteindra 4 500 m², soit 1 000 m² de plus que celui du Charles-de-Gaulle. La propulsion sera assurée par deux chaufferies nucléaires K22,permettant d’atteindre une vitesse de près de 50 km/h, selon nos confrères. Le porte-avions intégrera des technologies de pointe, comme le système de catapultage électromagnétique EMALS, développé par l’américain General Atomics. Il permettra de quasiment doubler le nombre de sorties aériennes par rapport à l’actuel porte-avions français.
Sa mission ? «Conserver sa supériorité au combat sur toute sa durée de vie», estimée jusqu’à 2080, indique le ministère des Armées. Il sera armé pour mener des «missions aériennes lourdement armées à long rayon d’action, de façon répétée et dans la durée». Le PA-NG sera équipé de missiles Aster à lancement vertical, de systèmes d’autodéfense rapprochée, dont de l’artillerie télé-opérée, ainsi que du radar Sea Fire de Thales, capable de suivre jusqu’à 1 000 cibles simultanément.
La commande des chaufferies, attribuée à Technic Atome et Naval Group, a été passée en avril 2024 pour 600 millions d’euros, rappelle Le Parisien. Le coût global du programme est estimé entre 5 et 10 milliards d’euros. Les premières découpes de tôles sont prévues vers 2031 à Saint-Nazaire, pour une construction étalée sur quatre à cinq ans, suivie d’essais en mer. La mise en service opérationnelle est attendue en 2038.

















