Le gouvernement n’a pas traîné. Dimanche 8 mars, Sébastien Lecornu annonçait la tenue de 500 contrôles sur les stations-service pour éviter «des hausses abusives des prix à la pompe». Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de hausse du prix du pétrole depuis quelques jours, l’exécutif souhaitait veiller à ce que cela ne serve pas de «prétexte». Ce nombre inhabituel de contrôles est l’équivalent «d’un semestre complet du plan de contrôle habituel», avait précisé Sébastien Lecornu. En réalité, les tout premiers, la moitié même, ont été réalisés lundi 9 mars.

Sur les antennes de France 2, dans l’émission «Télématin», la porte-parole du gouvernement, qui est aussi ministre déléguée chargée de l’Energie, a révélé que «231 contrôles de stations-service ont été réalisés» et surtout que «15%-16% d'anomalies» ont été observés, «dont certaines ont été sanctionnées par des amendes». Interrogé dans le même temps sur TF1, le ministre du Commerce, Serge Papin, a lui détaillé ces chiffres évoquant «6% de procès-verbaux, donc de sanctions» sur les 231 contrôles menés lundi.

Une nouvelle réunion doit se tenir à Bercy

De son côté, Maud Bregeon n’a voulu stigmatiser personne pour le moment, assurant que le gouvernement «fera le bilan une fois les 500 contrôles passés». La ministre a toutefois reconnu que «Michel-Edouard Leclerc avait raison quand il dit qu’il faut regarder l'ensemble de la chaîne et qu’il n’y a pas que les distributeurs». Alors, qui d’autre ? Les raffineurs, vraisemblablement, même si Maud Bregeon ne veut encore une fois pas «pointer du doigt les uns et les autres». En revanche, les raffineurs seront présents aux côtés des distributeurs lors d’une nouvelle réunion jeudi 12 mars.

Pour rappel, la totalité de ces 500 contrôles doit être menée en trois jours, donc d’ici mercredi, ce qui permettra de faire un bilan global avant la réunion qui se tiendra à Bercy. La porte-parole du gouvernement a une nouvelle fois confirmé qu’il n’y aurait pas d’aides de débloquées pour le moment. «La situation que nous vivons est sans commune mesure par rapport à ce que nous avons traversé pendant le Covid-19 et la crise énergétique qui faisait suite à l’invasion russe en Ukraine», a-t-elle répété.

La TVA à 5,5% coûterait 20 milliards

Jugeant qu’il n’y «avait pas de comparaison possible», elle a repoussé les demandes d’autres partis qui réclament un blocage des prix ou un passage de la TVA à 5,5%. «La TVA à 5,5% coûte 20 milliards par an, a martelé la ministre déléguée chargée de l’Energie, or ça fait dix jours de guerre», a-t-elle ajouté, dénonçant au passage des «propositions politiciennes». Même discours pour Serge Papin : «Si on veut baisser la fiscalité comme le suggèrent certains, si on veut bloquer les prix comme le suggèrent d'autres, on va favoriser le consommateur, mais c'est le contribuable qui va payer derrière. C'est les mêmes qui vont payer», a-t-il mis en garde sur TF1.