
Après plusieurs mois de hausse, les prix des carburants reculent enfin dans les stations-service. Dans certains points de vente, ils sont repassés sous la barre symbolique des 2 euros le litre, avec des niveaux autour de 1,96 euro pour le SP95 comme pour le gazole. Un niveau inédit depuis la mi-mars. Cette baisse intervient après des pics enregistrés en avril, où les prix étaient environ 50 centimes plus élevés. Pour de nombreux automobilistes, c’est un soulagement, même si les tarifs restent jugés encore trop élevés. «Depuis deux jours, j’ai remarqué que les prix étaient plus bas. Je me suis dit il faut que j’aille vite fait à la station en profiter», confie un conducteur auprès de BFM TV.
Malgré ce reflux, le coût du plein reste supérieur à celui d’avant la guerre au Moyen-Orient : sur un réservoir de 70 litres de gazole, la facture reste environ 17 euros plus élevée, soulignent nos confrères. Cette détente sur les prix s’explique par le recul du pétrole sur les marchés internationaux. Comme l’explique l’éditorialiste économique Emmanuel Lechypre sur BFM TV, le baril est passé d’environ 111 dollars à 94 dollars en deux semaines. «La vieille règle, c’est 1 dollar de moins sur le baril, c’est 1 centime de moins à la pompe», rappelle-t-il.
La baisse du pétrole pas totalement répercutée
Or, selon les distributeurs de carburants, il faut environ une à deux semaines avant que les baisses de prix du pétrole se répercutent à la pompe. Sur le gazole, la baisse est déjà perceptible, avec environ 11 centimes de recul. «Il y a encore 5-6 centimes à aller chercher», précise Emmanuel Lechypre. En revanche, l’ajustement est beaucoup plus lent sur le sans-plomb 95. «La baisse de 16 dollars ne s’est répercutée qu’à hauteur de 5 centimes seulement», note le journaliste. Les prix à la pompe devraient donc continuer à baisser dans les prochains jours.
Cet écart entre diesel et essence s’explique par la structure du marché. Le gazole, principal produit issu du raffinage en Europe, bénéficie d’un contexte plus favorable : des stocks confortables, un apaisement des tensions sur l’approvisionnement mondial et une demande industrielle en recul. A l’inverse, l’essence est davantage soumise à des effets saisonniers, qui freinent la transmission de la baisse. Si la baisse actuelle des prix des carburants est bien réelle, sa poursuite dépendra toutefois de l’évolution du pétrole et du contexte géopolitique au Moyen-Orient.











