
L’annonce avait sonné comme un coup de tonnerre dans le milieu ultraconservateur catholique. Considéré comme l’un des plus virulents opposants du pape François lors de son pontificat, l’archevêque italien Mgr Carlo Maria Vigano, a été excommunié le 5 juillet 2024.
Condamné pour «schisme», l’homme d’église s’est notamment fait connaître pour ses critiques acerbes contre le pape François. «On connaît ses déclarations publiques qui montrent le refus […] de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis et de la légitimité et de l'autorité magistrale du Concile oecuménique Vatican II», avait indiqué un communiqué du dicastère pour la Doctrine de la Foi, le département de la Curie romaine en charge du dogme, rapporte Vatican News. Désormais excommunié, l’archevêque italien a l’interdiction de recevoir les sacrements ou d’exercer des fonctions ecclésiastiques en vertu du droit canonique.
Une décision rare
Convoqué le 20 juin 2024 devant la justice du Saint-Siège pour avoir nié la légitimité du pape et refusé le Concile Vatican II - une adaptation majeure de l’Église au monde moderne -, l’ancien ambassadeur du Vatican aux États-Unis ne s’était finalement pas rendu à sa convocation. La justice l’a donc jugé par contumace. Considérant les accusations portées à son encontre comme un «honneur», l’influent prélat italien avait alors rejeté et condamné «les scandales, les erreurs et les hérésies de Jorge Mario Bergoglio [le pape François», qui, selon lui, «a une gestion du pouvoir absolument tyrannique». Dans un texte publié le 28 juin dernier, Mgr Carlo Maria Vigano avait également qualifié le pape «d’hérésie» tout en demandant qu’il soit «jugé et démis du trône» qu’il occupait alors depuis déjà 11 ans. Une demande déjà formulée en août 2018 et qui avait déjà provoqué une bombe médiatique.
Radicalement opposé à la vision doctrinale du pape François sur les questions liturgiques ou de société, comme l’accueil des personnes LGBTI ou la messe en latin, les sorties médiatiques de l’ancien nonce aux États-Unis sont parvenues à trouver un fort écho dans le milieu ultra-conservateur. Une opposition qui, en s’accentuant, avait même parfois pu remettre en cause la légitimité du pape François, faisant ainsi craindre une rupture au sein de l’Église catholique.


















