Élu le 8 mai dernier à l’issue du conclave chargé de désigner le successeur du pape François décédé le 21 avril, le pape Léon XIV - Robert Francis Prevost de son vrai nom - a formellement débuté son pontificat ce dimanche 18 mai en dirigeant sa messe d’intronisation devant des milliers de fidèles réunis sur la place Saint-Pierre. Alors que l’on dénombre près d’1,4 milliard de catholiques dans le monde, soit environ 17 % de la population mondiale, cette position de chef spirituel confère au pape Léon XIV un certain pouvoir.

En effet, s’il est amené durant son pontificat à diriger les fidèles catholiques, le pape est aussi avant tout le chef de la Cité du Vatican et de son organe directeur, le Saint-Siège. Considéré comme une entité souveraine à part entière selon le droit international, le pape est amené à participer aux affaires internationales, rapporte la BBC. À ce titre, en tant que chef d’État et de gouvernement, le pape entretient ainsi des relations diplomatiques avec l’Union européenne et 184 pays à travers le globe, faisant de lui l’un des chefs religieux les plus influents au monde.

Un statut d’observateur aux Nations unies

Alors que le pape est amené à se déplacer aux quatre coins du monde pour aller à la rencontre des chefs d’État et de gouvernement, le Saint-Siège bénéficie aujourd’hui d’un statut d’observateur au sein de divers organes comme l’UNESCO, l’OMC, le Conseil de l’Europe, mais aussi à l’ONU. Dans cette dernière, bien qu’il n’ait pas le droit de vote, le Saint-Siège a toutefois la possibilité de participer aux réunions, quitte parfois à influencer certaines décisions. Ce fut par exemple le cas en 2015 avant la signature de l’accord de Paris sur le climat lorsque le pape François n’avait pas hésité à critiquer «l’indifférence arrogante» de ceux qui placent les intérêts financiers au-dessus des efforts visant à sauver la planète. Une intervention remarquée qui s’était avérée finalement utile pour les pays du Sud.

Autre exemple, en 2024, le Vatican avait bloqué les discussions sur les droits des femmes lors d’un sommet de l’ONU consacré au climat, après une impasse sur les questions de sexualité et de genre. Comme l’Arabie saoudite, la Russie ou l’Iran, le Saint-Siège s’était inquiété du fait que le texte en discussion pourrait inclure les femmes transgenres et avait exigé avec ces autres pays que les mentions des femmes lesbiennes soient supprimées. Preuve en est donc que l’Église est aujourd’hui à même d’influencer certains accords pouvant avoir un impact direct sur des millions de personnes.