Les relations diplomatiques particulièrement tendues entre les États-Unis et certains de leurs alliés depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche incitent plusieurs pays à reconsidérer leurs choix en matière d’aviation militaire. Le Canada et le Danemark, notamment, expriment des doutes quant à la pertinence du F-35A, tandis que l’Allemagne a finalement confirmé son achat de 35 exemplaires malgré certaines voix plaidant pour une annulation de la commande.

Au Portugal, la question est plus ouverte. Le ministre de la Défense, Nuno Melo, a récemment laissé entendre que le F-35A américain, jusqu’alors privilégié pour remplacer les 21 F-16AM/BM de la FAP, ne serait pas nécessairement retenu. «Plusieurs options doivent être envisagées, notamment européennes, tout en tenant compte également du retour que celles-ci peuvent avoir pour l’économie portugaise», a-t-il en effet déclaré, comme le relate le site Zone Militaire.

Une alternative crédible au F-35A ?

Dans ce contexte, Dassault Aviation pourrait tenter de placer son Rafale dans la course. Le PDG de l’avionneur français, Éric Trappier, confirme : «Nous avons envie de proposer notre avion au Portugal. C’est un pays de l’Union européenne et de l’OTAN. Il disposerait des mêmes capacités d’interopérabilité que nous dans le cadre de l’Alliance, donc cela semble logique», a-t-il affirmé au Journal du Dimanche le 23 mars. Toutefois, le contexte politique portugais rend toute décision incertaine. Des législatives anticipées auront lieu en avril, et Nuno Melo pourrait ne plus être en fonction en mai. Un changement de gouvernement pourrait modifier les priorités nationales en matière de défense.

Si plusieurs pays européens s’interrogent sur leur dépendance aux États-Unis pour leurs équipements militaires, le Rafale pourrait donc tirer son épingle du jeu. Ses performances avérées en opération et son impact positif sur l’industrie européenne en font un candidat sérieux. Toutefois, Dassault Aviation devra convaincre Lisbonne de la pertinence de son offre face au F-35A. Reste à voir si le Portugal suivra l’exemple d’autres pays européens en explorant des alternatives au chasseur américain.