Dassault Aviation a enregistré en 2024 une hausse de l'ordre de 30% de son chiffre d'affaires et de son bénéfice net tandis que son carnet de commandes a atteint un niveau «record», notamment grâce aux ventes du Rafale à l'étranger, selon un communiqué publié mercredi par le groupe français. Dassault Aviation, qui fabrique également les jets civils Falcon, a vu son chiffre d'affaires consolidé passer de 4,8 milliards d'euros en 2023 à 6,2 milliards en 2024 (+30%) tandis que son résultat net (923 millions d'euros) a bondi de 33% sur un an, ce qui est supérieur aux attentes des analystes financiers interrogés par Bloomberg. Le carnet de commandes de Dassault Aviation s'est porté au 31 décembre 2024 à 43,2 milliards d'euros, un niveau «record», affirme l'entreprise. 30 Rafale ont été commandés à l'étranger en 2024, et 26 jets Falcon, pour un total de près de 11 milliards d'euros, contre un peu plus de 8 en 2023. Au total, le carnet de commandes se compose de 164 Rafale pour l'étranger, 56 pour la France, et 79 jets Falcon.

Le groupe a toutefois rappelé mercredi les difficultés d'approvisionnement qui touchent tout le secteur et qui ont surtout retardé en 2024 la livraison des Falcon (31 jets livrés pour un objectif de 35). Il est en pleine euphorie boursière. Son action a bondi de 11,69% depuis lundi, propulsée par la prévision d'augmentation de dépenses militaires en Europe devant la menace de désengagement des États-Unis dans le secteur. «L'arrivée du nouveau président des Etats-Unis va impacter la politique économique et de défense en Europe», a estimé Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, cité dans un communiqué, qui a également noté un «contexte international toujours marqué par la guerre aux portes de l'Europe».

Le réarmement de l'Europe profite aux entreprises de défense

La Commission européenne a dévoilé mardi un plan pour «réarmer l'Europe» destiné à mobiliser près de 800 milliards d'euros pour sa défense, mais aussi à fournir une aide «immédiate» à l'Ukraine après le gel de l'aide américaine par Donald Trump. Dassault Aviation s'attend, en 2025, à voir le chiffre d'affaires encore progresser, à 6,5 milliards d'euros. Il espère livrer 40 Falcon et 25 Rafale. Cette prévision «exclut tout impact de la mise en place potentielle de nouveaux droits de douane aux États-Unis et des contre-mesures européennes éventuelles», a toutefois souligné le groupe.

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La France n’est pas le seul pays européen à anticiper les conséquences du désengagement américain. Berlin a annoncé mardi 4 mars son souhait d’investir des milliards d’euros pour renforcer ses capacités militaires. Un virage sans précédent dans la politique de défense allemande comme le rappelle France 24. Après des décennies où la sécurité des Allemands a surtout reposé sur le bon vouloir américain, Berlin s’engage dans le réarmement national et européen.

Pour parvenir à cet objectif, le futur chancelier conservateur allemand Friedrich Merz a annoncé vouloir assouplir la règle qui plafonne le déficit budgétaire. Selon la Constitution, le déficit doit en principe être limité à 0,35% du PIB. L’objectif déclaré est d’atteindre les 100 milliards d’euros de dépenses de défense par an soit deux fois plus que le budget actuel. Friedrich Merz a également annoncé vouloir débloquer «rapidement» une aide militaire supplémentaire pour l’Ukraine, comprise entre 3 et 3,5 milliards d’euros pour compenser la suspension de l’aide américaine.