Ce mercredi 25 mars, le Brésil a présenté en grande pompe son tout premier avion de chasse supersonique fabriqué directement sur place, un F-39E Gripen du groupe suédois Saab. La cérémonie, qui s’est déroulée sur le site industriel d’Embraer à Gavião Peixoto dans l’État de Sao Paulo en présence du président Luiz Inacio Lula da Silva, marque ainsi l’entrée du pays dans le cercle très fermé des pays en capacité de produire des avions de combat de haute technologie, rapporte BFMTV.

«Ce projet permet de consolider notre pouvoir de dissuasion en augmentant notre capacité à assurer la souveraineté nationale et la sécurité régionale», s’est d’ailleurs félicité le ministre brésilien de la Défense, José Mucio. En tout, le Brésil a passé commande de 36 avions de chasse supersoniques auprès de Saab, dont 15 d’entre eux seront directement fabriqués dans les installations du constructeur aéronautique brésilien Embraer. L’appareil suédois a ainsi été préféré par le Brésil au détriment du Rafale, le fleuron du constructeur Dassault Aviation, tout comme le F/A-18 Super Hornet de Boeing.

Des soupçons de corruption aux dépens du Rafale

Alors que le Brésil cherche ces dernières années à moderniser la flotte aérienne de son armée, les conditions d’attribution de ce contrat conclu en 2014 ont fait l’objet d’une importante enquête en raison de soupçons de corruption aux dépens du Rafale. Poursuivi dans cette enquête lors de son premier passage à la tête du plus grand pays d’Amérique latine, le président Lula avait finalement été acquitté en 2021 faute de preuves.

À l’époque, plusieurs raisons avaient été invoquées pour expliquer le choix de Brasilia de se positionner sur le F-39E Gripen de Saab plutôt que sur le mythique appareil de Dassault. Le Brésil ayant des budgets de défense serrés, l’avion du constructeur aéronautique suédois est en effet moins cher. De plus, le modèle de Dassault, étant plus complexe à manœuvrer, aurait nécessité des coûts supplémentaires au Brésil pour la formation de ses pilotes. Enfin, le contexte géopolitique a eu un impact sur le choix final. Le Brésil n’ayant pas vocation à mener une politique de défense régionale ou l’intention de s’en prendre à ses voisins pour se protéger, le F-39E Gripen de Saab s’est donc naturellement imposé comme plus adapté à ses besoins, à savoir un appareil destiné à assurer une défense ou une mission de surveillance, sans nécessairement opérer dans un contexte d’urgence.