Une décision qui retarde les vacances de nombreux Français. À l’appel de deux syndicats, des contrôleurs aériens sont en grève depuis quelques jours, ce qui rend le trafic particulièrement perturbé dans plusieurs aéroports français. Ce jeudi 3 juillet, Éric Ciotti a pointé du doigt ces grévistes «privilégiés», évoquant «des personnes qui ont des salaires qui atteignent parfois 9 000 euros par mois» sur l’antenne de RMC.

En France, on dénombre 1 400 contrôleurs aériens. Ces derniers, en effet, font partie des fonctionnaires les mieux payés, avec un salaire brut moyen «de 96 000 euros par an, soit environ 8 000 euros mensuels», relate un rapport du Sénat d’octobre dernier. L’un des bénéfices de ce métier réside également dans le fait que l’aiguilleur du ciel ne ramène pas de travail à son domicile. «Peu de métiers avec ce niveau de rémunération offrent cette possibilité», assure le site de recrutement devenir.controleuraerien.fr.

La retraite à 59 ans

Les avantages ne s’arrêtent pas là. Ils ne travaillent en moyenne que 32 heures par semaine. Ce rythme de travail aménagé s’explique par la nécessité d’une concentration totale pendant les heures de travail. De plus, pour un jour travaillé, les contrôleurs aériens bénéficient d'un jour de repos en plus des 25 jours de congés payés. Enfin, l’âge de la retraite est anticipé et s'effectue à 59 ans. «Il y a une pénibilité, c'est stressant, il faut travailler le soir, le week-end et ils ont beaucoup de responsabilités», reconnaît Arnaud Aymé, spécialiste des transports chez SIA Partners, au micro d’Estelle Midi.

Cette grève des contrôleurs aériens est en signe de protestation d’une réforme qui vise à établir un pointage des contrôleurs aériens à la prise et la fin de poste. «Dans les plus grands centres de contrôle, ils ont tenté d'imposer la badgeuse pour contrôler les temps de travail. Pour contrer cela, on s'organise pour passer les badges des uns et des autres, avec des astuces variées selon les équipes», a confié l’un d’eux au Point.

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