
Une promesse de transformation pour un territoire en crise. Lundi 21 avril, en déplacement dans l'océan Indien, Emmanuel Macron a dévoilé un plan de «refondation» chiffré à 3,2 milliards d’euros, destiné à reconstruire et stabiliser l’archipel de Mayotte entre 2025 et 2031. Ce programme a été présenté dans le cadre d’un Conseil des ministres décentralisé, tenu quatre mois après le cyclone Chido, qui a lourdement affecté la région.
Ce plan reposera sur une mobilisation de financements nationaux, européens et internationaux, avec une gouvernance souple et «des clauses de revoyure» pour adapter les actions au fil du temps. «Il faut répondre à l’urgence mais aussi bâtir un avenir à long terme pour Mayotte», a déclaré devant la presse le président depuis Mamoudzou.
Sécurité et immigration : un «mur de fer» contre l’illégalité
Parmi les piliers du projet, le renforcement des dispositifs de sécurité tient une place centrale. Une opération baptisée «hurawa wa shaba», ou «mur de fer» en shimaoré, vise à intensifier les contrôles aux frontières. Elle prévoit la modernisation de la flotte maritime, l’installation de nouveaux radars et le renforcement des moyens d’interception en mer.
L’objectif est ambitieux : 35 000 reconduites à la frontière par an, contre 25 000 actuellement, principalement en direction des Comores voisines. «Nous agirons avec fermeté pour faire respecter le droit», a martelé Emmanuel Macron, face à une immigration clandestine persistante, alimentant des tensions sociales croissantes sur l’île.
Séjour et urbanisme : vers un encadrement plus strict
Autre axe fort du plan : le durcissement des conditions d’accès au séjour à Mayotte. Il s’agit pour le gouvernement de réduire l’effet d’attractivité migratoire du territoire, seul département français dans l’océan Indien. Le projet de loi prévoit ainsi de restreindre certaines prestations et de renforcer les contrôles administratifs.
Côté logement, l’exécutif veut intensifier la lutte contre l’habitat informel. Le recours au «décasage», soit la démolition des constructions illégales, sera élargi. «Il s’agit de restaurer un urbanisme conforme aux règles, dans le respect des droits», assure à l'AFP l’entourage présidentiel. Les procédures seront accélérées pour désengorger les zones densément peuplées et vulnérables.


















