L’objectif est fixé à «la fin de l’été». Le Premier ministre a pris la parole lundi 28 avril devant les députés pour ouvrir les débats sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Le décret relatif à ce texte de cadrage devrait donc être publié dans les prochains mois. La nouvelle feuille de route énergétique de la France pour la période 2025-2035 doit mettre le pays sur la voie de la neutralité carbone en 2030. La portée de ce texte est conséquente puisqu’il est censé préciser la part réservée au nucléaire et celle aux énergies renouvelables. Il est en préparation depuis plusieurs années.

Le Rassemblement national, qui a laissé planer une menace de censure sur le sujet, et certains élus de droite et du centre réclament un vote des députés sur le sujet avant l’entrée en vigueur de la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie. Le gouvernement Bayrou a fait un pas vers eux, en proposant d'inscrire à l'ordre du jour de l’Assemblée nationale une proposition de loi du sénateur (LR) Daniel Gremillet sur la programmation énergétique. Le texte, déjà adopté en première lecture par le Sénat, sera examiné à partir du 16 juin, selon le cabinet du ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola, rapporte l’AFP. Il prévoit une relance massive de la filière nucléaire. Devant les députés, lundi, François Bayrou a affirmé qu’il souhaitait que le décret soit publié «après l’examen de la proposition de loi» du Sénat.

François Bayrou défend un «mix électrique»

Le Premier ministre a expliqué qu’un «groupe de travail» piloté par le député Renaissance Antoine Armand et Daniel Gremillet sera «missionné pour mener des auditions et des études complémentaires» sur l'avenir énergétique du pays, et rendra ses conclusions fin mai.

Le chef du gouvernement a assuré que l’exécutif «n’a rien à vendre, aucune thèse à faire triompher sur les autres, aucun adversaire à réduire» en termes de programmation énergétique. François Bayrou, qui a donné comme priorité «de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées», a défendu un «mix électrique» associant une «première orientation de base pro-nucléaire» à «une deuxième orientation» de «soutien raisonné aux énergies renouvelables». Pour le Premier ministre, le nucléaire est une «énergie décarbonée» et «souveraine».

Le projet de PPE prévoit de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique d'environ 60% en 2023 à 42% en 2030, puis 30% en 2035. En rupture avec la précédente PPE, qui prévoyait de fermer des réacteurs nucléaires, le nouveau texte acte également une relance de l'atome. L'ambition du rythme de déploiement des renouvelables est confirmée, en particulier pour l'éolien en mer.