Il persiste et signe, tout en essuyant de très vives critiques. Lundi 1er septembre, une série de consultations des forces politiques françaises commence pour le Premier ministre à Matignon, afin de défendre bec et ongle son budget pour 2026. Avant cela, François Bayrou s’est livré une nouvelle fois à l’exercice de l’interview avec ce même objectif, en conclusion de son marathon médiatique. Une interview réalisée et diffusée par quatre chaînes d’info en continu, dont franceinfo et BFMTV. De nouveau, le chef du gouvernement a martelé l’urgence de réduire la dette. Il s’est aussi attardé sur la signification du 8 septembre et du vote de confiance à venir selon lui. «La question ce n’est pas le destin de François Bayrou, la question c’est le destin de la France», a-t-il affirmé, décrivant les prochains jours comme «cruciaux».

Cette interview a permis une nouvelle fois au chef du gouvernement d'insister sur le caractère non négociable du fait de tenir l’objectif de 44 milliards d’euros d’économies pour le budget de l’année prochaine. Et si, pour une partie de l’opposition, cette somme est jugée injustifiée et excessive, le Premier ministre l’estime indispensable, et la considère comme «la marche pour que notre pays sorte de la malédiction immédiate de la dette». Il en a également profité pour rappeler que depuis cinquante ans, aucun budget présenté selon lui n’était à l’équilibre, et est allé jusqu’à comparer le pays à «un bateau qui a un trou dans la coque». Atteindre un déficit de 4,6% en 2026 contre 5,4% cette année est donc un impératif pour François Bayrou, qui a exprimé de nouveau son inquiétude quant à l’explosion des taux d’intérêts et à une possible dégradation de la note de la France sur les marchés.

Une ouverture au dialogue

Face aux critiques nombreuses depuis le début de la semaine dernière, le Premier ministre a aussi tenu à réaffirmer qu’il était ouvert au dialogue, mais dans une certaine mesure. Un dialogue qui pourrait donc se dérouler sur la suppression des jours fériés, idée la plus controversée du plan. «Cette mesure est tout à fait discutable», a-t-il assuré. Le locataire de Matignon est allé jusqu’à évoquer d’autres pistes pour négocier, comme une hausse de la durée légale de travail hebdomadaire. Il a toutefois reconnu avoir dû rapidement abandonner cette idée, et a précisé qu’il restait donc ouvert «à condition qu’on considère qu’on ne peut pas rien faire».

Également interrogé sur les reproches faits à la majorité présidentielle, notamment accusée d’avoir creusé une dette de 1.000 milliards d’euros depuis 2017, François Bayrou s’en est défendu en renvoyant la responsabilité sur l’ensemble de la classe politique, en rappelant que selon lui, «tous les opposants sans exception exigeaient qu’on fasse plus» de dépenses, notamment durant le Covid. Il a également tenté une nouvelle fois de se défendre de ses propos sur les «boomers», en précisant qu’il n’avait pas dit souhaiter les cibler en particulier. Par ailleurs, le Premier ministre a tenu à répondre aux propos de l’extrême droite, l’accusant de ne pas réduire les dépenses liées à l’immigration. «Je ne suis pas d’accord pour qu’on fasse de l’immigration la cause de la situation du pays», a-t-il rétorqué, tout en se disant favorable à revoir les avantages éventuels dont bénéficieraient certains étrangers. Enfin, il a pleinement rejeté une proposition centrale du PS, celle de la taxe «Zucman», qui revient à taxer les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Il l’a jugée inconstitutionnelle et dangereuse pour l’attractivité française. À une semaine du vote de confiance auquel se soumettra François Bayrou et son gouvernement devant l'Assemblée Nationale, celui-ci continue donc de défendre coûte que coûte ses propositions, en tentant avec difficulté de maintenir une discussion ouverte avec les oppositions.