
La colère ne retombe pas après l’adoption à l’Assemblée nationale par les députés d’un amendement visant à réformer, ou plutôt transformer, l'actuel impôt sur la fortune immobilière (IFI) en un impôt sur la fortune improductive. Pourquoi ? Parce que cette fortune improductive incorpore à son assiette tous les actifs dits «improductifs». C’est le cas désormais des biens matériels de valeur, comme l’or, les œuvres d’art, les yachts, les avions, mais également les cryptomonnaies et surtout les fonds euros, donc certains contrats d’assurance-vie.
Une hérésie pour le président de la Fédération bancaire française interrogé sur RMC ce jeudi 6 novembre. Daniel Baal, qui est également président du Crédit Mutuel, «n’arrive pas à comprendre» comment un tel amendement a pu être voté. Même si l’amendement adopté doit être validé par le vote définitif du budget, le patron de la Fédération bancaire a paru interloqué. «Comment peut-on dire ça ? L'assurance-vie est un placement extrêmement populaire», a-t-il souligné, tout en rappelant qu’elle servait notamment «à financer des entreprises, mais aussi la dette de la France et des collectivités publiques».
Un budget «défavorable aux intérêts de la France»
Et le président du Crédit Mutuel de mettre en exergue l’incongruité d’une telle mesure qui reviendrait à dire aux Français qu’ils paient une taxe «sur la contribution qu’ils apportent au financement de la dette de la France». «On est en plein délire», s’est ensuite agacé Daniel Baal devant Apolline de Malherbe. Comme de nombreux opposants à cette mesure, le président du Crédit Mutuel a reconnu la nécessité de trouver des recettes afin de combler le déficit de la France, mais pas avec de telles dispositions.
Daniel Baal a réfuté un budget qui soit «défavorable aux intérêts de la France et des Français» et a demandé aux politiques d’être «raisonnables». Cet amendement avait déjà provoqué la colère en début de semaine du député LR des Hauts-de-Seine et rapporteur général du budget, Philippe Juvin. Dénonçant une «folie» et une «erreur», ce nouvel impôt sur la fortune improductive recréerait tout simplement «un impôt sur la fortune» et enverrait «un très mauvais signal», selon lui.
Figurant parmi les placements préférés des Français avec le Livret A, l’assurance-vie permet aujourd’hui encore de bénéficier de taux avantageux. C’est aussi un placement moins contraignant. Les cryptomonnaies sont également visées par cet impôt sur la fortune improductive, ce qui a provoqué la colère d’Eric Larchevêque, le cofondateur de Ledger, qui a dénoncé une «erreur idéologique majeure, mais révélatrice d’un virage fiscal».
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