
Le président américain a annoncé, vendredi 13 mars, le «bombardement de cibles militaires sur l’île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays, par lequel transitent 90% de ses exportations de pétrole brut». Cette action est une «riposte aux mesures prises par Téhéran pour bloquer le détroit stratégique d’Ormuz», a-t-il expliqué. Avant cela, les forces américaines avaient évité de frapper ce «point névralgique de l’économie iranienne et du secteur énergétique mondial», a notamment relevé le quotidien El Pais.
Pourtant, jeudi encore, Donald Trump assurait que Kharg n’était pas «en haut de la liste» des cibles américaines en Iran. Moins de 24h plus tard, son avis avait donc changé. Sur son réseau Truth Social, le président américain n’a d’ailleurs pas manqué de faire l’éloge de l’armée américaine qui a ainsi mené «l’un des raids aériens les plus puissants de l’histoire au Moyen-Orient» sur l’île de Kharg, la qualifiant de «joyau de la couronne iranienne». Les Etats-Unis n’ont cependant pas détruit les infrastructures pétrolières de l’île.
Des perturbations de tous les côtés
Le 12 mars, le président du Parlement iranien avait prévenu que Téhéran abandonnerait «toute retenue» si les États-Unis et Israël attaquaient ses îles du Golfe, menaçant d’attaquer «les installations de la région appartenant à des compagnies pétrolières détenant des participations américaines ou coopérant avec les États-Unis».
Ces frappes sur Kharg interviennent alors que les Etats-Unis font face à de nombreuses critiques pour ne pas avoir su anticiper l’impact de la guerre sur le détroit d’Ormuz, et les répercussions économiques en découlent alors. En effet, le trafic sur la voie maritime demeure quasiment à l’arrêt en raison des menaces iraniennes. Depuis le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, le 28 février dernier, les prix du pétrole ont bondi de plus de 40%. Vendredi, le baril a encore clôturé au-dessus des 100 dollars.
Ed Hirs, professeur d’économie de l’énergie à l’Université de Houston, explique auprès d’Al-Jazeera que l’attaque américaine contre l’île de Kharg pourrait déjà avoir «perturbé les exportations de pétrole iraniennes».



















