
Face à la forte hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient, les pays membres de l’Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de puiser dans leurs réserves stratégiques. L’organisation a indiqué ce dimanche 15 mars qu’une partie de ces stocks sera mise sur le marché «immédiatement» en Asie et en Océanie, tandis que les livraisons débuteront à partir de la fin mars dans les Amériques et en Europe.
L’agence, rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), précise que chaque pays membre a transmis son «plan individuel de mise en œuvre». Ceux-ci prévoient que les Etats d’Asie et d’Océanie mobilisent leurs stocks sans attendre, alors que les pays des Amériques et d’Europe commenceront à les libérer dans les prochaines semaines, rapporte BFM Business. Mercredi, les 32 membres de l’organisation ont décidé à l’unanimité de libérer 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques. Il s’agit du plus important déblocage jamais réalisé par l’AIE depuis sa création.
Des stocks pour faire face aux crises pétrolières
Fondée en 1974 dans le contexte du premier choc pétrolier, l’organisation rassemble aujourd’hui de nombreux pays industrialisés, dont la France, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Corée du Sud ou encore le Japon. Dans le cadre de l’AIE, chaque pays membre doit maintenir des réserves stratégiques équivalentes à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole.
Ces stocks peuvent prendre la forme de pétrole brut ou de produits raffinés et être conservés sur le territoire national ou à l’étranger. Ils sont détenus soit par l’Etat, soit par une agence publique, soit par les acteurs de l’industrie pétrolière. Ces réserves ont été utilisées à plusieurs reprises pour stabiliser les marchés. Elles ont notamment été mobilisées avant la Guerre du Golfe en 1991, après les dégâts causés par les ouragans Katrina et Rita en 2005, puis en 2011 lors des perturbations liées à la guerre civile en Libye. Plus récemment, elles ont également été utilisées à deux reprises en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

















